Le casque m1

Cette page est consacrée au casque US M1 de la seconde guerre mondiale. elle a pour but de présenter plus en détail

cet accessoire indissociable du GI de la Libération, à partir de pièces de ma collection.

Le “Steel Helmet M1”  est le résultat d’un long travail de recherches commencées en 1932. le casque  fut approuvé le 9 juin 1941

et fut officiellement baptisé M1.

Sa principale originalité par rapport aux casques de son époque réside dans sa conception en deux parties :

Le casque d’acier et sa doublure ou « liner » qui prend la forme d’un casque léger venant s’insérer dans le casque lourd.

De forme bien étudiée, le M1 offre une excellente protection de par son profil et par la qualité de la tôle d’acier employée.

C’est la société Mac Cord Radiator Company qui est choisie pour sa fabrication car elle possède des presses capables d’emboutir en une seule passe l’acier carbone-manganèse Hadfield retenu pour la fabrication de la coque du casque. En effet l’acier au manganèse Hadfield , déjà utilisé auparavant sur le modèle M1917A1 était un matériaux qui avait la propriété de doubler sa résistance et sa dureté lorsqu’il était pressé à froid

La fabrication du casque lourd est automatisée. Elle consiste en 22 opérations successives accomplies en 22 minutes.

La mise en peinture est également automatisée : une peinture olive drab foncée est d’abord pulvérisée sur la coque, puis la peinture est additionnée de fines particules de liège. Enfin la coque est ensuite bordée d’un feuillard d’acier inoxydable serti tout autour du casque et fermé par deux points de soudure au milieu de la visière, ce jonc servant a recouvrir les bords coupants de la bombe.

 

A partir d’octobre 1944 le jonc en acier inoxydable sera remplacé par un jonc en acier Hadfield manganèse et à partir de novembre

1944 la jointure sera soudée à l’arrière du casque.

Les jugulaires du casque lourd sont en coton tressé, la courte à gauche, la longue à droite et sont cousues autour de pontets fixes

de 1941 à octobre 1943, date à partir de laquelle les pontets fixes jugés trop fragiles seront remplacés par des pontets articulés.

Pour l’usage sur le terrain, le casque M1 peut être recouvert d’un filet de camouflage.

 

A l’origine on utilisera des filets à petites mailles anglais ou canadiens (2 tons vert/brun)

ou des filets de camouflage de véhicules à larges mailles.

Ce n’est qu’en septembre 1944 qu’un modèle US réglementaire est adopté :

et ensuite distribué à grande échelle en fin d’année 1944.

Au total, 22 000 000 casques M1 furent produits par deux compagnies : Mc Cord qui en produisit 20 000 000 (à raison de 16 000/jour) et Schlueter qui en produisit à partir de janvier 43 à hauteur de  2 000 000 unités.

Le concept du « liner » et le système de suspension de la coiffe résultent du design de John T. RIDDEL.

En 1941, RIDDEL, propriétaire d’une fabrique de casques de football américain avait été contacté par l’US Army pour équiper les équipages de chars

d’un casque anti-chocs justement inspiré des modèles des casques de football. Le brevet RIDDEL consiste en un système de coiffe réglable par sangles

de toile et de cuir permettant la fabrication d’une taille unique éliminant les problèmes de pointure lors de l’attribution à la troupe.

Finalement le système de coiffe RIDDEL fut retenu pour la production du liner.

L’entreprise Mac CORD contacta alors la société Hawley Products Company qui était à cette époque le fournisseur de l’US Army en matière de casques tropicaux en papier pressé. Hawley accepta l’offre de Mac Cord et conçu rapidement un casque léger acceptant la coiffe RIDDEL.

Mac Cord présenta 100 exemplaires de casques Hawley à la commission en charge des tests d’évaluation de l’US Army. Très favorablement impressionnée, la commission approuva ce dispostif et la production à grande échelle fut lançée.

La société Hawley Products Company produit ainsi les premiers modèles de « liner » en carton pressé recouvert de tissu de coton beige,

le tout étant ensuite imprégné de vernis pour le rendre imperméable. La coiffe comporte donc un système de sangles de soutien

en rayonne blanche et un bandeau serre tête qui  permet par son simple échange, d’adapter le casque M1 à toutes les têtes alors

que le casque d’acier et le liner sont de taille unique.

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Liner Hawley

Le bandeau serre tête est fixé sur les sangles de maintien latérales au moyen de boutons pression sur les premiers modèles,

et existe en 13 tailles différentes :

 Bandeau serre tête Riddell

Enfin le « liner » est livré avec une jugulaire en cuir mince rivetée à l’intérieur des flancs du casque léger et réglable par une boucle plate.

Ainsi formé, le « liner » peut être porté seul pour protéger de la pluie ou du soleil comme le casque tropical dont la matière est similaire.

Intérieur d’un liner Hawley 1er type :

coiffe en rayonne,

contre rivets rectangulaires,

bandeau rayonne a fixations par pressions mâles/femelles,

jugulaire à attache fixe.

Ce type de liner a été produit de fin 1941 à août 1942, puis à partir de septembre 1942, les sangles en rayonne ont été remplacées

par des sangles en coton de couleur Olive Drab shade n°3 fixées sur la bombe du liner avec des contre rivets en forme de A.

A cette même période, le bandeau serre tête est réalisé lui aussi en coton et se positionne désormais avec des pinces plates.

Il est maintenant de taille unique et réglable par le moyen de passants à double boucle d’acier :

Enfin on note le remplacement de la jugulaire de cuir rivetée à demeure par une jugulaire amovible

Liner Hawley 2nd type :

Coiffe en coton,

Disparition des pressions,

Contre rivets en « A »

Bandeau en coton désormais réglable par une double boucle en fil d’acier

La jugulaire est encore fixe sur cet exemplaire

Au total,  après 4 millions de liners produits (dont 3% sous produits par « The General Fiber Company ») l’Armée déclara ce modèle obsolète

En effet, alors même que les liners Hawleys étaient distribués à la troupe, l’ US Army était à la recherche de processus de fabrication alternatifs car

si la configuration du liner était satisfaisante, les matériaux utilisés pour sa fabrication montrèrent rapidement leurs limites :

le tissu de coton recouvrant le liner se déchirait facilement et le matériaux en fibres du liner se déformait vite sous l’effet de l’humidité

Exemple d’un liner Hawley usagé, on voit bien l’usure de la toile recouvrant la bombe en fibres

C’est ainsi qu’en février 1942 le Quartermaster Corp décida d’adopter une fabrication en résine plastique.

Cette matière, plus légère et parfaitement imperméable était jugée idéale pour la confection du liner.

Liner en résine plastique

9 compagnies contractèrent avec l’US Army pour la fabrication des nouveaux liners :

On retrouve le logo du fabricant sur le fond de la bombe du liner

Westhinghouse Electric Company, pour 1 000 000 unités

 Inland Manufacturing Division of General Motors corporation, pour 1 000 000 unités

Mine Safety Appliance company, pour  384 000 unités

 Saint Clair Rubber company, pour 450 000 unités

CAPAC Manufacturing company, pour 450 000 unités

Firestone Tire and Rubber company, pour 750 000 unités

 Hood Rubber company, pour  750 000 unités

International Molded Plastics, pour 160 000 unités

Seeman Paper company, pour 400 000 unités

Chronologiquement dans la fabrication du liner “composite/plastic » on distingue deux modes opératoires : basse pression et haute pression.

Les liners basse pression sont les premiers à être livrés au printemps 1942.

Ils sont fabriqués avec des lamelles de coton imprégnées de résine.

Ce sont les entreprises Saint Clair Hood Rubber qui ont utilisé cette méthode de réalisation.

Sur les liners Saint Clair un espace est dégagé pour faciliter l’insertion des pontets de jugulaire du casque lourd :

Liner Saint Clair

Liner basse pression Hood Rubber

la marque du moule au fond de la bombe est bien visible

Les liners haute pression sont réalisés par des bandes de coton imprégnées de résine de phénol et pressées à 220C° pendant 20 minutes

Ce processus de fabrication avait l’avantage de fournir des casques plus solides que les liners basse pression qui avaient tendance à se fissurer avec le temps.

Westinghouse fut le premier producteur à délivrer des liners « plastic » en mai 1942 mais la  production de masse ne débuta qu’à la fin de l’année 1942

Les liners « plastic » des premières fabrications sont encore dotés de la coiffe Riddel en rayonne comme ci-dessous :

avant le passage au nouveau système de suspension en coton en juin 1942.

Liner Haute pression avec coiffe en coton

Attaches de jugulaire amovibles

Attaches du bandeau serre tête avec boucle crantée

L’évolution des composants du casque M1 avec le temps constitue un thème de collection à part entière, cette page n’a pas la prétention

de décrire toute celle évolution, des livres entiers y ont été consacrés !

Pour en savoir plus, je vous recommande, sur le net : (mais en anglais) > http://www.m-1helmet.com

 

Et en librairie ces trois ouvrages incontournables :