La ration K

La ration K (par ration on entend la quantité de vivres nécessaires à un homme pour une journée) est la plus célèbre des rations militaires de la deuxième guerre mondiale. Elle a servi ensuite de modèle jusqu’à nos jours dans la plupart des armées du monde.

Elle fut conçue en 1941 sous la direction du Docteur Ancel Keys, (d’ou l’origine de l’appellation K) par l’université du Minnesota et le Subsistence Research Laboratory en réponse au cahier des charges du Quartermaster Corps qui demandait une ration individuelle facile à transporter, comportant une grande variété de nutriments et le tout avec un encombrement réduit.

La ration K est destinée en principe à l’approvisionnement en 1ère ligne au cas ou l’intensité des combats empêcherait l’arrivée d’autres denrées.

D’abord étudiée pour les troupes aéroportées et distribuée d’abord dans ces unités, la ration K a été finalement diffusée à l’ensemble des troupes en 1942 sous l’appellation Field Ration, Type K :

La ration K est un repas froid à l’exception du bouillon et du café.

Elle se présente sous la forme d’un jeu de trois boites en carton, toutes soigneusement dosées en vitamines et calories :

 

Breakfast unitDinner unit et Supper unit, et correspondent au moment de la journée ou l’on est censé les absorber.

 

L’emballage extérieur est étanche aux gaz de combat et à l’eau.

 

Les denrées alimentaires et les accessoires sont logés dans une première boite paraffinée qui est elle même emballée dans un carton plat qui assure sa protection, d’abord de couleur unie pour les fabrications jusque fin 1943, puis à partir de 1944 dans un emballage de couleur permettant de distinguer aisément les différents repas :

Le poids total des 3 boites est de 2,4 kg et l’ensemble dégage environ 3000 calories.

 

Composition en août 1942 – valable pendant toute la campagne de libération :

 

Breakfast unit : 1 boite de viande, 1 barre de pate de fruit, 1 sachet de café en poudre

Dinner unit : 1 boite de fromage, tablettes vitaminées, 1 sachet de jus de fruit en poudre

Supper unit : 1 boite de pâté, 1 barre de chocolat, 1 bouillon concentré en sachet

Ainsi que dans chaque boite : 3 morceaux de sucre, 1 paquet de 4 cigarettes, 1 clef pour ouvrir la boite de conserve, 1 tablette de chewing-gum et 2 paquets de biscuits crackers.

La composition des rations fut révisée plusieurs fois durant la guerre avec l’adjonction notamment d’allumettes, de papier toilette, de sachets de sel et d’une petite cuillère en bois.

Quelques exemples de rations conservées jusqu’aujourd’hui :

Ici de droite à gauche et de haut en bas :

Sachet de café soluble NESCAFE

Sachet de 4 biscuits sur lequel reposent

2 morceaux de sucre

Une pochette d’allumettes

Un paquet de dragées vitaminées

Une barre de chocolat

Un chewing-gum

Un paquet de 4 cigarettes

Un paquet de papier hygiénique

 

Les rations K étaient conditionnées par douzaines (36 boites) dans des caisses en bois permettant leur transport depuis les USA

En mai 1942 le QMC totalisait une production 1 million de rations K. En 1944, année record de production, plus de 105 millions de rations ont été distribuées sur tous les théâtres d’opérations de l’US Army…

Largement diffusée, la ration K a perdu de sa popularité auprès des GI au cours de la guerre car alors que cette ration avait été conçue pour être utilisée occasionnellement par les soldats et pour 2 ou 3 jours, celles ci ont souvent été distribuées des semaines durant. Ceci explique la lassitude des GI malgré la variété des produits. Aussi dès que l’occasion se présentait les GI échangeaient leurs rations aux civils contre des produits frais, surtout des oeufs, des fruits ou de l’alcool…

Les français ont ainsi découvert le café soluble, les chewing-gum… et redécouvraient le goût du chocolat après 4 ans de privations et de rationnement…

Nombreux sont les témoins de cette période qui se rappellent de la joie avec laquelle ils ont découvert ces fameux cartons aux trésors…