Cette page est consacrée au casque US M1 de la seconde guerre mondiale. elle a pour but de présenter plus en détail

cet accessoire indissociable du GI de la Libération, à partir de pièces de ma collection.

 

Casque lourd, steel helmet M1 profil

casque lourd, steel helmet M1 de face

Le casque en acier, "Steel shell"

 

Le “Steel Helmet M1”  est le résultat d’un long travail de recherches commencées en 1932. le casque fut approuvé le 9 juin 1941

et fut officiellement baptisé M1.

 

Il succède au modèle 1917/A1 aussi appelé modèle 1931, qui était en fait une adaptation du casque utilisé pendant la première guerre mondiale :

 

Casque USM1

Casque Mle 1931

Casque US M1

 

Sa principale originalité par rapport aux casques de son époque réside dans sa conception en deux parties :

 

Le casque d'acier et sa doublure ou "liner", qui prend la forme d'un casque léger, venant s'insérer dans le casque lourd.

Passage de témoin, casque M1917 versus M1

De forme bien étudiée, le M1 offre une excellente protection de par son profil et par la qualité de la tôle d’acier employée.

C’est la société Mac Cord Radiator Company de Detroit (Michigan) qui est choisie pour sa fabrication car elle possède des presses capables d’emboutir en une seule passe l’acier carbone-manganèse Hadfield retenu pour la fabrication de la coque du casque.

En effet l’acier au manganèse Hadfield , déjà utilisé auparavant sur le modèle M1917A1 était un matériaux qui avait la propriété de doubler sa résistance et sa dureté lorsqu’il était pressé à froid.

Cliquez sur l'image pour en savoir plus

Casque modèle 1917A1, ancêtre du M1

 

Casque M1 en deux parties, coque d'acier sur liner en résine

 

        La fabrication du casque lourd est entièrement automatisée. Elle consiste en 27 opérations successives accomplies en 22 minutes.

        La mise en peinture est également automatisée : une peinture olive drab foncée est d’abord pulvérisée sur la coque, puis la peinture est additionnée de fines particules de liège.

 

Publicité pour un appareil de peinture pulvérisée utilisé par Mc Cord en 1941

       

Enfin la coque est ensuite bordée d’un feuillard d’acier inoxydable serti tout autour du casque et fermé par deux points de soudure au milieu de la visière,

        ce jonc servant a recouvrir les bords coupants de la bombe.

 

        A partir d'octobre 1944 le jonc en acier inoxydable sera remplacé par un jonc en acier Hadfield manganèse et à partir de novembre 1944 la jointure du jonc sera soudée    

        à l'arrière du casque.

 

Jointure fermée devant- jonc inox Jointure fermée derrière-jonc inox

 

 

Les casques produits aussi bien par Mc Cord et Schlueter comportent généralement un numéro estampé sous la visière intérieure, ce numéro identifie la feuille d'acier pour un suivi qualité. Ce numéro est parfois frappé au niveau des pontets. Plus le numéro est élevé, plus le casque est de fabrication récente.

 

Numéro 371 D frappé sur l'intérieur de la visière, cas général

Numéro 883 C frappé sous un pontet mobile

 

 

Les jugulaires du casque lourd sont en coton tressé, la courte à gauche, la longue à droite et sont cousues autour de pontets fixes de 1941 à octobre 1943, date à partir de laquelle les pontets fixes jugés trop fragiles...

 

Exemple de pontets fixes re-soudés sur une coque Schlueter c'est pour pallier à ces inconvénients que les pontets articulés vont apparaitre

 

seront remplacés par des pontets articulés. Les premiers modèles de pontets articulés étaient réalisés en acier inoxydable, fin 1944 ils seront en acier Hadfield manganèse. A noter aussi que les premiers types de pontets mobiles étaient soudés en deux points et qu'après ils le furent par trois points de soudure.

 

Pontet fixe Mc Cord

Pontet mobile 1er type

acier inoxydable, 2 points de soudure et jonc inox

Pontet mobile 2e type

notez les 3 points de soudure et le jonc en manganèse, typique des dernières fabrications

Pontet fixe sur coque Mc Cord Pontet mobile en acier inoxydable Pontet mobile avec soudure 3 points

 

Au total, 22 000 000 casques M1 furent produits, de juin 1941 à août 1945, par deux compagnies : Mc Cord Radiator & Mfg.Co de Detroit, Michigan qui en produisit             20 000 000 (à raison de 16 000/jour) et la Schlueter Manufacturing Company de Saint Louis, Missouri pour seconder Mc Cord dans la production de masse.

 

Schlueter produira ses casques à partir de janvier 1943 à août 1945 à hauteur de 2 000 000 unités.

 

Les casques lourds fabriqués par l'entreprise Schlueter ont globalement une forme similaire aux casques fabriqués par Mc Cord mais il existe de subtiles différences permettant de distinguer ces deux fabrications :

La base de la bombe est moins évasée sur les casques Schlueter que sur les Mc Cord,
 

 

Mc Cord à gauche, Schlueter à droite

Casque Mc Cord à gauche et Schlueter à droite : remarquez la forme plus évasée de la base de la coque sur la fabrication Mc Cord et le bord arrière moins évasé sur le Schlueter.


Les pontets de jugulaire fixes ont des angles plus arrondis sur les casques Schlueter*,

 

Pontet fixe sur coque Mc Cord
Pontet fixe Schlueter, angles arrondis Pontet fixe Mc Cord, angles presque à l'équerre



Mais surtout, la lettre "S" est gravée au milieu intérieur de la visière, dans la coque, parfois ce marquage se rencontre aussi près des pontets de jugulaire. Par exception certains casques Schlueter ne comportent aucun marquage, la forme générale de la bombe et celle des pontets fixes permettent seuls d'identifier une production Schlueter.

 

 

La lettre S ici placée devant le numéro de la feuille d'acier, 35A

identifie ce casque produit début 1943

    

La lettre S ici placée devant le numéro de la feuille d'acier, 516A

identifie ce casque produit fin novembre 1944

 

                        EVOLUTION DES PRODUCTIONS DE CASQUES LOURD SCHLUETER

 

 

Voici un Casque Schlueter de 1943

et un autre Schlueter de 1945, modèle de fin de fabrication

Collection personnelle Collection personnelle

Jonc en acier inoxydable -jointure à l'avant - jugulaires de couleur OD3

Jonc en acier Hadfield manganèse - jointure à l'arrière - jugulaires de couleur OD7

Pontets de jugulaire fixes à bords arrondis, typiques Pontets articulés, soudure 3 points
Boucle de jugulaire plate en laiton, typique fin 1942-1943 Boucle de jugulaire en acier avec système de dégrafage rapide T1, typique 1945


 

Une dernière astuce pour identifier les productions Schlueter consiste à mesurer les hauteurs des numéros de lot frappés à l'intérieur de la visière.

En effet, les coques Mc. Cord ont toutes des numéros de lot ayant une hauteur d'environ 10mm, alors que les coques Schlueter ont toutes des numéros

de lot ayant une hauteur d'environ 13mm.

D'après les constatations relevées par un ami collectionneur, ces dimensions sont constantes pour toute la durée des productions des deux fabricants.

(De 1941 à 1945 pour Mc Cord et de 1943 à 1945 pour Schlueter; et ceci que ce soit pour des pontets fixes ou mobiles)

 

Source JCH


*
Attention, certaines premières fabrications de Mc Cord possèdent des pontets aux angles arrondis et en l'absence du "S", la seule façon de vérifier si c'est un Schlueter ou un Mc Cord, consiste à rechercher les points de soudure du jonc : si présence de 3 points de soudure (un a l'avant à la jointure du jonc et deux autres au niveau des pontets de jugulaire, c'est un Mc Cord !


 

Pontet fixe Mc Cord "façon" Schlueter, remarquez le point de soudure sur le jonc au niveau du milieu du pontet.

 

Jusqu'a une récente période il était admis que les casques M1 avec jointure du jonc à l'arrière n'avaient pas connu le théâtre d'opérations européen (ETO) mais seulement le théâtre d'opérations du pacifique (PTO). Des découvertes récentes démontrent que des casques produits fin 1944 ont bien été utilisés en Europe et notamment en France, lors de l'opération "Nordwind" en Alsace et dans les Ardennes. En effet, en raison des pertes humaines importantes à l'automne 1944, les troupes de remplacement ont été partiellement dotées des derniers modèles de casque M1.

 

En témoigne cet exemplaire "transitionnel" ci dessous provenant de la forêt de Haguenau (Bas Rhin), ramassé tel, avec son filet "crevette", en 1945 et conservé jusqu'alors dans la famille de son "inventeur" (pièce acquise en janvier 2011)

 

Caractéristiques : coque Mc Cord n° 1012 C (fabrication octobre 1944), jonc inox à jointure arrière, pontets mobiles à soudure 2 points. Ce casque est considéré comme transitionnel car à son époque de fabrication, le jonc aurait du être réalisé en acier, il s'agit sans doute ici d'un exemplaire réalisé avec les derniers stocks de jonc inox.

Par ailleurs, le crochet en J réalisé en acier et du modèle à pointes arasées, théoriquement abandonné fin 1942...

 

Collection personnelle Liner Firestone configuration 1944

 

 

Durant la guerre, le casque M1 a subit plusieurs évolutions, nous avons déjà noté le remplacement des pontets de jugulaires fixes par des pontets mobiles, le changement de matière du jonc, de l'acier inoxydable à l'acier Hadfield, une dernière évolution est intervenue à la fin 1944 : le remplacement du système de bouclerie des jugulaires du casque lourd par un système à dégrafage rapide : le Systéme T1

exemple - collection Paul Reijnders

 

Ce système d’attache des jugulaires à dégrafage rapide à été développé en réponse à un rapport venu du champ de bataille au printemps 1943.

 

Ce rapport déclarait que lors de l’explosion d’une bombe ou d’un obus à proximité d’un soldat muni de son casque M1 avec les jugulaires attachées sous son cou, le souffle de l’explosion était capté dans l’intérieur du casque et faisait renverser celui ci vers l’arrière, causant un traumatisme a l’arrière du cou du porteur, dans quelques cas, cette force avait été suffisamment importante pour casser le cou à des GI !

 

Sur le terrain et de manière pragmatique, le commandement préconisa aux soldats de ne pas porter les jugulaires attachées au cou, d’ou la « mode » d’attacher ces jugulaires à l’arrière du casque M1.

 

Mais dans le même temps, un projet de recherche a été entrepris en vue de développer un nouveau dispositif d’attache de jugulaires qui se détacherait de lui même lors du souffle d’une explosion.

 

Le QMC procéda à de nombreux tests au moyen de têtes en bois et caoutchouc  montées sur ressorts et dont le comportement face au souffle était filmé pour être ensuite étudié au ralenti. A la fin de ces expérimentations il a été décidé que l’ouverture automatique des jugulaires devait se produire à partir d’une poussée de 6 kg. A partir de ce seuil, le casque reste en place et permet la suite des manœuvres de combat..

 

Ce nouveau dispositif appelé « T1 quick release » a alors été produit en petite quantité et envoyé outre mer pour approbation sur le terrain au printemps 1944.

 

Notice figurant dans les boites d'attaches T1 Une boite vierge - collection personnelle

 

L’Armée ayant approuvé en retour ce dispositif, la fabrication des attaches a dégrafage rapide a été lancée à grande échelle avant même que cet article ait été normalisé par le QMC.

 

Au final, le système T1 a été standardisé en juillet 1944 mais ce n’est que durant le deuxième semestre 44 que les casques M1 ont été équipés de ces attaches de jugulaire.

 

En atteste des preuves photographiques de la 42ème DIUS embarquant pour l'Europe :

 

Photo collection JC CONSTANTIN  

« Les photos de la 42ème sont prises le 13 novembre 1944. Les personnels ont déjà leurs casques depuis un bout de temps. La division débarque à Marseille les 8 et 9 décembre 1944. Elle entre en action le 24 de ce même mois à proximité de Strasbourg. » Source JC CONSTANTIN

  

Sur ce gros plan on distingue bien le système T1

 

 Et de rares exemplaires de casque M1 de terrain récupérés à la Libération comme celui ci :

 

Collection personnelle Collection personnelle
Détail de la boucle à dégrafage rapide Détail du nouveau crochet de "J", ajouré pour l'insertion de la boule de l'attache T 1
Casque M1 à pontets de jugulaires fixes équipé du système T1, retrouvé à BITCHE (Moselle) à la Libération

 Un autre exemplaire semblable est aussi visible dans le livre de Pieter Oosterman pages 316-317 ou pages 332-333 dans la réédition de son livre.

 Ce système sera généralisé après guerre sur les casques M1 modèle 1951 et au delà.


 

Les Filets de camouflage :

 

 

Pour l'usage sur le terrain, le casque M1 peut être recouvert d'un filet de camouflage, pour masquer la silhouette du casque, mais aussi surtout pour supprimer les reflets propres au joint en acier inoxydable de ce dernier (la peinture dont le joint était paré avait souvent tendance à s'écailler et a découvrir le métal nu avec effet réfléchissant...).

 

Les américains ont d'abord utilisé des filets à petites mailles anglais (1) ou canadiens (2) ses derniers se distinguant par deux tons mêlés vert et brun :

 

 

(1) filet anglais (2) filet canadien
Casque M1 avec filet anglais - collection personnelle Filet canadien à deux tons
Filet anglais commando utilisé par les tireurs d'élite  Notice d'utilisation

 

ou bien des filets de camouflage à plus ou moins larges mailles directement découpés dans les filets de camouflage des véhicules :

 

 

Ici, filet dit "crevette" prélevé sur les filets de GMC et typique de la 3rd IDUS avant l'apparition du filet modèle 44

 

 

L'ajustage du filet sur le casque est assuré, selon trois méthodes observées :

 

- Avec une cordelette jointe avec le filet (filets anglais et canadiens en étaient pourvus);

 

- Avec les bords repliés à l'intérieur du casque lourd et se trouvant pincés avec le liner (cas le plus rencontré dans la 3rd ID);

 

- Ou avec les bords scotchés à l'intérieur du casque lourd avec du sparadrap médical comme ci-dessous :

 

Collection privée aux USA

 

 

Ce n'est qu'en septembre 1944 qu'un modèle US réglementaire sera enfin adopté :Le Net Helmet with Band :

 

 

Exemplaire déployé Notice de mise en place
Net helmet with band Notice jointe au filet, recto Notice jointe au filet, verso

 

et ensuite distribué à grande échelle en fin d’année 1944. (Les divisions opérant en Italie en furent les premières dotées)

 

Un exemple du filet Mle 44 sur le casque de ce GI de la 4th Infantry Division en janvier 1945

 


FOCUS COLLECTION :

 

A l'attention des collectionneurs, depuis les années 1980 circulent sur le marché des filets à larges mailles de teinte sable d'environ 5 cm de coté et munis d'une cordelette avec une étiquette en papier marquée "DENNISON USA 1944" :

 

                    Ces filets sont des faux ! Selon la légende, et les revendeurs, la firme "DENNISON" aurait produit ces filets depuis son siège

                dans le Massachusetts aux Etats Unis ou bien en Angleterre...

                Il n'en est rien ! : cette production vient du Poitou...d'ailleurs aucune preuve photographique ne vient appuyer l'usage de

                cette variante de filet en opérations.

                Un collectionneur averti en vaut deux, alors si on vous propose un filet de ce type, laissez tomber.


 

Parallèlement était aussi distribué une bande élastique en néoprène, référencée "Band helmet camouflage" :

 

M1 Schlueter avec bande elastique-collection personnelle Vue arriere du bandeau élastique

 

Cet élastique permettant de pincer des branchages ou autres herbes à surtout été utilisé sur le théâtre d'opération du Pacifique

mais un certain nombre a été distribué en Europe, notamment au sein de la First Special Service Force (FSSF) ou "Devil's Brigade" :

 

Vues du port de l'élastique sur casque M1 - Italie, GI de la FFSF

 

Quelques photos d'époque pour illustrer le port des filets de camouflage :

 

 

 

 

Camouflage par peinture :

 

 

Sur le théâtre d'opération européen, et particulièrement durant l'hivers 1944/1945 certains casques ont été camouflés à la peinture blanche pour se fondre dans le paysage neigeux, le plus souvent cependant les GI ont utilisé morceaux de draps blanc pour confectionner des couvre casques.

 

Voici un exemple de casque camouflé à la peinture :

 

Collection personnelle Collection personnelle
Collection personnelle

Il s'agit ici d'un casque lourd Mc Cord et d'un liner Saint Clair

 

 

*****

 

 

Sur le terrain le casque lourd a souvent été utilisé comme expédient à d'autres ustensiles, par exemple comme bassine de toilette ou de lessivage, comme "marmite"...etc

 

Le lieutenant Manuel "Many" ESPARZA du 7th infantry, témoigne à ce sujet :

 

"Une des plus importante pièce d'équipement distribuée au soldat, et en même temps devenue une pièce indissociable du GI au combat était son casque.                   Ce casque était appelé "steel pot" (pot en acier). Ce "steel pot" devint fameux à cause de toutes les utilisations qu'il autorisait. Par exemple il était utilisé comme casserole pour y faire cuire des aliments ou comme cuvette pour se raser ou comme bassine pour la lessive. Même l'ennemi lui trouvait une utilité pour faire une belle cible...mais le plus important, sa principale utilité, c'était quand nous étions cloués par l'ennemi dans nos trous individuels et incapables d'en sortir. Il n'y avait, pour soulager nos besoins naturels...pas d'autre alternative que de recourir au casque d'acier ! Oh ! quel soulagement après avoir été constipés pendant quatre jours ! Après avoir satisfait à ces besoins, un rapide rinçage avec de l'eau  de rivière, et le casque était prêt pour le matin prochain pour mijoter un délicieux café..."

 

Lessivoir... Lavabo Casserole de campagne...

Toilette matinale..

Siège de fortune, pour le Sgt Ladislaus Skrzypczyk

De même pour ce GI mais dans une autre position. On distingue le patch porté à la fois sur le blouson et sur le casque M1

Lavabo improvisé avec un vieux

guéridon en fer et le casque lourd

du GI

Nid douillet

Ici ce GI utilise son casque lourd pour creuser son "fox hole"  

Un GI de la 3rd Armored Division en France été 1944

Ici ce GI fait sa lessive en utilisant son casque lourd comme une bassine ou chauffe de l'eau savonneuse...

 

Les marques de grades (voir aussi la page grades de l'US Army)

 

Paris, août 1944, un Lieutenant de l'US Army, barette de grade peinte sur le casque et insignes métalliques sur les pates de col de sa chemise

 

Au cours de la guerre les GI ont parfois personnalisé leur casque avec différents marquages ou distinctions. Ce sont d'abord les officiers qui ont pris l'habitude de porter leur grade à l'avant du casque M1 (à partir de second lieutenant) puis cette pratique c'est étendue aux hommes de troupe, surtout à la fin de la guerre.

Cet usage n'a pas été souvent le cas dans la 3rd IDUS, mais plus généralisé dans les divisions débarquées en Normandie.

 

Quelques exemples:

  Collection personnelle Collection personelle
 

Casque avec grade de First Lieutenant, ici pour plus de discrétion la barrette de grade à été posée sur le casque léger

Casque avec grade de Lieutenant Colonel

  Casque de First Lieutenant 3rd infantry division-collection personnelle Casque du lieutenant VETONYANIS - collection personnelle
 

Casque avec grade de First Lieutenant, cette fois ci la barrette de grade métallique a été fixée sur le casque lourd

Casque du First Lieutenant Chris VETONYANIS. Ici la barrette de grade est simplement  peinte directement sur le devant du casque
  Casque de Lieutenant marquage en noir (378A)
  Rare marquage de grade de Lieutenant peint en noir (pour motif de camouflage)
  Liner CAPAC de 1943 - Collection personnelle
  Liner CAPAC avec grade de 2nd Lieutenant
  Liner CAPAC - collection personnelle Liner Hood Rubber-collection personnelle
  Liner CAPAC de Technician 4th grade Liner Hood Rubber avec chevrons de Corporal (caporal)
  Collection personnelle Collection personnelle
 

Casque lourd avec marquage de Master Sergeant

Gros plan de l'insigne peint
Liner Inland type IV de Captain- Collection personnelleCoque Mc Cord n° 635B - collection personnelle
Liner Inland avec grade peint de Captain et casque lourd avec grades de Captain soudés

 

Sur le théâtre d'opérations européen et pour les troupes étant passées par l'Angleterre (par opposition à la 3rd IDUS par exemple), les casques portés par les officiers et certains sous officiers, avaient parfois peints une barre blanche verticale à l'arrière du casque pour les officiers et horizontale pour les sous officiers. (barre dite ETO)

 

Cette barre était appellée "Follow me" = suivez moi.

 

Collection personnelle
Barre Follow me sur casque de Captain Détail de la Barre

 

*****

Le casque léger ou "liner"

 

Le concept du "liner" et le système de suspension de la coiffe résultent du design de John T. RIDDEL.

 

En 1941, RIDDEL, propriétaire d’une fabrique de casques de football américain avait été contacté par l’US Army pour équiper les équipages de chars d’un casque anti-chocs justement inspiré des modèles des casques de football. Le brevet RIDDEL consiste en un système de coiffe réglable par sangles de toile et de cuir permettant la fabrication d’une taille unique éliminant les problèmes de pointure lors de l’attribution à la troupe.

Finalement le système de coiffe RIDDEL fut retenu pour la production du liner.

 

L’entreprise Mac CORD contacta alors la société Hawley Products Company, de St Charles, Illinois, qui était à cette époque le fournisseur de l’US Army en matière de casques tropicaux en papier pressé. Hawley accepta l’offre de Mac Cord et conçu rapidement un casque léger acceptant la coiffe RIDDEL.

 

Mac Cord présenta 100 exemplaires de casques Hawley à la commission en charge des tests d’évaluation de l’US Army. Très favorablement impressionnée, la commission approuva ce dispositif et la production à grande échelle fut lancée.

 

La société Hawley Products Company produit ainsi les premiers modèles de "liner" en carton pressé recouvert de tissu de coton beige, le tout étant ensuite imprégné de vernis pour le rendre imperméable. La coiffe comporte donc un système de sangles de soutien en rayonne blanche et un bandeau serre tête qui  permet par son simple échange, d’adapter le casque M1 à toutes les têtes alors que le casque d’acier et le liner sont de taille unique.

First type fibre liner - collection personnelle

Liner Hawley

 

 

Le bandeau serre tête est fixé sur les sangles de maintien latérales au moyen de boutons pression sur les premiers modèles,

et existe en 13 tailles différentes :

 

Bandeau serre tête Riddell

 Bandeau serre tête Riddell

 

Bandeau serre tête et nuquière Riddell

 

 

 

Enfin le "liner" est livré avec une jugulaire en cuir mince rivetée à l’intérieur des flancs du casque léger et réglable par une boucle plate.

 

Ainsi formé, le "liner" peut être porté seul pour protéger de la pluie ou du soleil comme le casque tropical dont la matière est similaire.

Liner Hawley Liner 1er type - collection personnelle

Intérieur d'un liner Hawley 1er type :

coiffe en rayonne,

contre rivets rectangulaires,

bandeau rayonne a fixations par pressions mâles/femelles,

jugulaire à attache fixe.

 

Ce type de liner a été produit de fin 1941 à août 1942, puis à partir de septembre 1942, les sangles en rayonne ont été remplacées par des sangles en coton de couleur Olive Drab shade n°3 fixées sur la bombe du liner avec des contre rivets en forme de A inversé.

 

A cette même période, le bandeau serre tête est réalisé lui aussi en coton et se positionne désormais avec des pinces plates.

Il est maintenant de taille unique et réglable par le moyen de passants à double boucle d'acier :

 

Headband Johnson & Johnson contrat de 1942 Détail de la double boucle de réglage

 

Enfin on note le remplacement de la jugulaire de cuir rivetée à demeure par une jugulaire amovible

 

Liner Hawley 2ème type - collection personnelle

Liner Hawley 2nd type :

Coiffe en coton,

Disparition des pressions,

Contre rivets en "A"

Bandeau en coton désormais réglable par une double boucle en fil d'acier

La jugulaire est encore fixe sur cet exemplaire

 

Au total,  après 4 millions de liners produits (dont 3% sous produits par « The General Fiber Company », de St Louis-Missouri) l’Armée déclara ce modèle obsolète.

 

Liner Général Fiber 2ème type-Collection personnelle

Liner Général Fiber second type :

Coiffe en coton,

Contre rivets en "A"

Bandeau en coton réglable par une boucle crantée en acier

et jugulaire amovible

Liner Général Fiber-collection personnelle

Le Marquage " G " identifiant de Général Fiber est le seul moyen de distinguer ces liners des fabrications HAWLEY.

Sur cet exemplaire est aussi mentionné "LINER FIBRE"

 

En effet, alors même que les liners Hawleys étaient distribués à la troupe, l' US Army était à la recherche de processus de fabrication alternatifs car si la configuration du liner était satisfaisante, les matériaux utilisés pour sa fabrication montrèrent rapidement leurs limites :

le tissu de coton recouvrant le liner se déchirait facilement et le matériaux en fibres du liner se déformait vite sous l'effet de l'humidité.

Liner Hawley 2ème type fatigué...collection personnelle

Exemple d'un liner Hawley usagé, on voit bien l'usure de la toile recouvrant la bombe en fibres

 

C'est ainsi qu'en février 1942 le Quartermaster Corp décida d’adopter une fabrication en résine plastique.

Cette matière, plus légère et parfaitement imperméable était jugée idéale pour la confection du liner.

 

Liner CAPAC avec chevrons de Technician 4th grade

Liner en résine plastique

 

9 compagnies contractèrent avec l’US Army pour la fabrication des nouveaux liners :

On retrouve le logo du fabricant sur le fond de la bombe du liner avec souvent à coté un numéro.

Ce numéro correspond au numéro du moule dans lequel le liner à été pressé.

 

Westhinghouse Electric Company, pour 23 000 000 unités

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 Inland Manufacturing Division of General Motors corporation, pour 1 900 000 unités

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Mine Safety Appliance company, pour  1 424 000 unités

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 Saint Clair Rubber company, pour 1 300 000 unités

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CAPAC Manufacturing company, pour 1 424 250 unités

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Firestone Tire and Rubber company, pour 7 500 000 unités

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 Hood Rubber company, pour  206 000 unités

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International Molded Plastics, pour 1 424 250 unités

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Seeman Paper company, pour 1 425 250 unités

 

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                    Sur certains liners on peut remarquer une double frappe Inland et Firestone qui s'explique parce que la société Inland a cèdé ses outils de formage à la société

                    Firestone en 1943.

                    Les marquages Inland ont alors été plus ou moins bien grattés pour que soit apposée le logo Firestone :

 

Double marquage Inland-Firestone
Un exemple de ce double marquage

 

                    Une autre particularité se remarque sur les liners de la firme CAPAC, en la présence d'un tampon de contrôle de couleur jaune placé au fond de la bombe :

 

Tampon de contrôle intérieur liner CAPAC

Gros plan du cachet de contrôle

 

Chronologiquement dans la fabrication du liner “composite/plastic" on distingue deux modes opératoires : basse pression et haute pression.

 

 

Les liners basse pression sont les premiers à être livrés au printemps 1942.

 

Ils sont fabriqués avec des lamelles de coton imprégnées de résine.

Ce sont les entreprises Saint Clair & Hood Rubber qui ont utilisé cette méthode de réalisation.

 

Sur les liners Saint Clair un espace est dégagé pour faciliter l’insertion des pontets de jugulaire du casque lourd :

Détail espace pour pontets liner St Clair

Liner Saint Clair

Liner Hood Rubber - collection personnelle

Liner basse pression Hood Rubber (novembre 1942)

la marque du moule au fond de la bombe est bien visible.

Notez le bandeau serre tête en simili-cuir, typique des liners Hood Rubber

 

Liner Hood Rubber - collection personnelle

 

Autre version de Liner basse pression Hood Rubber (novembre 1942)

sur ce modèle la marque du moule au fond de la bombe n'apparait pas.

 

Rare version de liner Hood Rubber sans trace du disque

 

 

Les liners haute pression sont réalisés par des bandes de coton imprégnées de résine de phénol et pressées à 220C° pendant 20 minutes

 

Ce processus de fabrication avait l'avantage de fournir des casques plus solides que les liners basse pression qui avaient tendance à se fissurer avec le temps.

Westinghouse fut le premier producteur à délivrer des liners "plastic" en mai 1942 mais la  production de masse ne débuta qu’à la fin de l’année 1942

 

Les liners "plastic" des premières fabrications sont encore dotés de la coiffe Riddel en rayonne comme ci-dessous :

 

Liner composite avec coiffe Riddel - collection personnelle

Casque Mc Cord et liner Westhinghouse transitionnel, fabrication de l'été 1942 : coiffe en rayonne avec bandeau serre-tête à pressions mais contres rivets en "A" et jugulaire amovible.

 

avant le passage au nouveau système de suspension en coton en juin 1942.

liner Westhinghouse transitionnel, fabrication de l'été 1942 : coiffe en rayonne avec bandeau serre-tête avec boucle à double fil d'acier, contres rivets rectangulaires et jugulaire a attache fixe.

 

 

 

Un nouveau modèle de bandeau serre-tête est adopté, cette fois ci le réglage est réalisé au moyen d'une boucle plate crantée :

 

 

 

boucle de réglage du bandeau serre-tête crantée

 

Casque M1 avec liner composite époque 1943 - collection personnelle

Liner Haute pression avec coiffe en coton

Attaches de jugulaire amovibles

Attaches du bandeau serre tête avec boucle crantée

 

Les casques lourds et les liners sont distribués à la troupe selon deux circuits distincts : les casques lourds étant gérés par l'ordonance Corps et les liners par le Quarter Master corps.

 

Les liners neufs étaient livrés sans leurs composants intérieurs adaptables sauf la jugulaire cuir (bandeau serre-tête "Head-band" et support de nuque "Neck band", ceux-ci étant livrés séparément et distribués à la troupe en plus grande quantité pour pourvoir les remplacements d'usure et permettre aux GI de configurer la suspension de leur liner comme ils veulent. Ceci explique les différentes combinaisons qu'on rencontre sur les casques du terrain.

 

Au cours de la production des liners, le support de nuque ou nuquière "Neck band" a évolué d'une partie fixe en un élément ajustable grâce à une boucle plate, comme sur le bandeau serre-tête. Ce modèle de nuquière à été produit à partir de 1945 :

 

 

 

Nuquière classique, en une seule pièce, de 1941 à 1944

Modèle ajustable daté 1945

    Détail de la boucle d'ajustage

 

Voici à titre d'illustration comment était livré un exemplaire neuf d'un liner. Celui-ci, de fabrication Firestone 1943 a encore le papier alvéolé qui le protégeait dans son carton d'origine, accompagné des accessoires fournis à part :

 

 

 

Liner Firestone neuf de 1943 et ses composants séparés-Collection personnelle

Head band et Neck band neufs prêts a être montés sur le liner

 

Ce casque, découverte exceptionnelle, provient du croiseur lourd CA 134 de l'US Navy "Des Moines", juste avant que ce bâtiment soit démentelé à Philadelphie USA, en juin 2006.

 

Croiseur USS 134 avant son démentelement Les heureux inventeurs du trésor...

 

C'est en fouillant les cales du bateau que des caisses contenant divers matériels militaires datant de la deuxième guerre mondiale ont été découvertes. Dans certaines, il y avait des liners dans leur livrée d'origine..

 

Les casques lourds étaient conditionnés dans des caisses en bois et protégés les uns des autres par des feuilles de carton alvéolé. Durant la guerre, l'intendance de l'US  Army pourvoyait régulièrement les troupes en matériel divers de recomplètement, dont des casques M1.

 

Voici en exemple une caisse qui contenait 20 casques lourds Mc Cord, modèles à pontets de jugulaire mobiles, contrat du 26 octobre 1944 :

 

Caisse contenant 20 casques M1 Caisse en bois Mc CORD Caisse en bois Mc Cord
Autre exemple ci-dessous avec conditionnement de casques M1 et liners CAPAC, fin de guerre
   

Sur certains liners on remarque la présence d'un petit trait vertical qui fait saillie sur l'avant du liner sur les faces extérieures et intérieures (jadis les collectionneurs disaient que c'était une manière de certifier une fabrication ww2 ! Pas faux mais trop réducteur...) . En fait ce repère a été mis au point par certains producteurs pour aider les ouvrières à placer les coques nues sur les moules de manière à bien aligner la suspension sur ce symbole.

Le trait permet aussi de bien centrer le liner dans le casque lourd

 

 


 

L'évolution des composants du casque M1 avec le temps constitue un thème de collection à part entière, cette page n'a pas la prétention de décrire toute celle évolution, des livres entiers y ont été consacrés !

 

A travers la collection de casques M1, on partage aussi la destinée de leur ancien propriétaire durant la guerre, à partir d'un nom inscrit dans un liner et des recherches aux archives US, il arrive parfois de remonter jusqu'au GI qui portait ce casque ! C'est le "must" de la collection.

 

En 2012, j'ai "commis" un petit article dans Militaria Magazine (n° 325 - août 2012) qui illustre cette facette de la collection et du devoir de mémoire :

 

Article dans Militaria Magazine n° 325 - aout 2012

 

Voici un petit schéma des pièces constitutives de la coiffe d'un liner classique en fibres haute pression :

 

Source Wikipédia traduction française

 

 

 

Pour en savoir plus, je vous recommande ce forum spécialement dédié au casque M1 > http://usm1helmet.forum-actif.net/forum

 

Et en librairie ces quatre ouvrages incontournables :

 

De Frédéric BLAIS et Régis GIARD

Editions Histoire et Collections :

http://livres.histoireetcollections.com ... ue-m1.html

De Pieter OOSTERMAN
Editions

@M-1helmetPUBLISHING.com

 

 

De Mark A. REYNOSA

Editions

Schiffer Publishing, Ltd.

http://www.schifferbooks.com

 

                Enfin, pour les "puristes" je vous offre en ligne ce petit livret édité par la société Mc Cord et épuisé depuis longtemps...

                Cliquez sur le "booklet" pour accéder au texte (en anglais) ou sur ce lien pour ouvrir le fichier en pdf >>>  Wells.pdf


  

                        Afin d'enrichir ma collection et mes connaissances, je suis toujours à la recherche de nouvelles pièces : casques, composants, photos...

                et plus spécialement tous objets relatifs à la 3rd Infantry Division

                Contactez moi au besoin ! Merci.

                J'ai aussi parfois des pièces à vendre ou à échanger sur cette page là

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