LURE dans la tourmente 1940

Le printemps maudit (et la chute de Lure dans l'occupation allemande)

Le 10 mai 1940, les Allemands envahissent les Pays Bas, la Belgique et le Luxembourg. La France et l'Angleterre, via la British Expeditionary Force, lancent l'opération "Dyle" pour tenter de renverser la situation.

A la même date et au levé du jour, les lurons sont brusquement tirés de leur sommeil par les vrombissements des avions allemands qui allaient, par vagues successives, bombarder la base aérienne de Luxeuil Saint-Sauveur.

MS 406 de la base de Luxeuil

 

A 4h 45 du matin, la base aérienne de Luxeuil est attaquée par 3 bombardiers allemands Heinkel 111

Bombardier Heinkell 111

 escortés par 4 chasseurs Messerschmitt BF 109 Messerschmitt BF 109

80 bombes explosives et 300 bombes incendiaires sont larguées en quelques minutes, malgré la DCA (défense contre avions) de la base.

4 appareils sont détruits au sol.

Dix minutes plus tard et toujours sous le feu de l'ennemi, le commandant Gérard Cliquot de Mentque

Le commandant Gérard Cliquot de Mentque

décolle avec son MS406 et engage alors  un combat inégal contre les 4 BF109.

Son avion est finalement abattu et s’écrase sur le territoire de la commune d’Esmoulière.

Au cours de la journée, les MS 406 remporteront tout de même 2 victoires sur des BF 110 en escorte de Heinkel 111 : un des Heinkel 111 est abattu.

MS 406 en vol

Le 11 mai, une bombe de 150 Kg est larguée sur l'usine Ringwald, à la sortie est de Lure mais la bombe n'explose pas. Une vingtaine d'autres bombes ont part contre éclaté et causé de gros dégâts à l'usine, blessant 12 personnes.

Le 12 mai 1940, les avions de la Luftwaffe mitraillent une colonne de camions militaires sur la route de Belfort, le long du terrain de manœuvre et fondent de nouveau sur la base de Luxeuil où 4 MS 406 et 1 Dewoitine 520D seront encore détruits au sol par mitraillage de BF 109,

Messerschmitt BF 109E Chasseur Dewoitine 520, excellent appareil, supérieur au BF 109 mais arrivé trop tard

mais la DCA abat l’un deux et son pilote est fait prisonnier:

Heinkel 111 abattu par le GC 2/7

Le 17 juin, les appareils du 2/7 se replient vers la base de St Laurent la Salanque à Perpignan, avant de gagner l’Algérie.

Par conséquent, il n'y aura aucune possibilité d’appui aérien pour la défense de Lure...

Au fur et à mesure de l'avance allemande en France, l'inquiétude fit place à l'angoisse.

En effet, dès le 4 juin 1940,  les Allemands ont fait leur entrée à Dunkerque et poursuivent leur attaque sur la Somme et l’Aisne.

Le 10 juin, l'Italie déclare la guerre à la France tandis que le gouvernement français quitte Paris pour la Touraine et s’installe à Briare.

Le 11 juin, les communications sont coupées avec Paris : plus de courrier, plus de nouvelles, plus de journaux. Des soldats polonais arrivent.

Le 12 juin,  les allemands sont aux portes de Paris, la ligne Maginot va être encerclée. Les routes sont pleines de réfugiés.

Le 13 juin, les lurons voient passer les soldats de la ligne Maginot qui quittent l’Est et tachent de gagner la Suisse ou le midi de la France. L'Abbé THOMASSEY note dans ses mémoires "Nous les avons vus passer par milliers, sans ordres, sans chefs, abandonnés à eux mêmes. Ils se dirigent vers Besançon. Les bombardements de l’aviation ennemie deviennent incessants, les routes et les gares sont mitraillées"

Le 14 juin, les allemands entrent dans Paris, déclarée ville ouverte. Le gouvernement français s’est réfugié à Bordeaux.

A ce moment à l'Est, les ouvrages de la ligne Maginot sont seuls, abandonnés par les troupes de forteresse : la veille les troupes de forteresse du secteur de Haguenau du I/68e RIF et du II/23e RIF ont embarqué par trains spéciaux. 

A 22 h le colonel DULUC est convoqué par le général LAURE au PC (poste de commandement) de Malvaux (Haut Rhin).

Il s’entend confier un groupement dont la mission est de protéger les arrières de la VIIIe Armée en s’installant face à l’ouest, de Bains les Bains au nord, à Pontarlier au sud.

« Vous disposerez du 5e régiment de chasseurs Pyrénéens, d’un bataillon de chars R 35, le 16e BCC : mission tenir la Saône »

Le 15 juin dans la soirée, le groupement DULUC est engagé à Gray et aux alentours pour faire barrage à l'avancée des troupes allemandes du Général GUDERIAN. Les combats reprennent le 16 juin à partir de midi mais les français doivent se replier en direction de Lure - Luxeuil.

Dans la matinée du dimanche 16 juin, 2 compagnies du 29e BCC appartenant à la IIIème Armée et parties le 14 juin de la région de Longuyon, traversent Lure au milieu des encombrements (de nombreux lurons et des gens des villages alentours ont commencé l'exode vers le sud par tous les moyens du bord...)

Les antiques chars Renault FT 17 avancent sur des porte char à faible allure, ces lourds véhicules parviennent à sortir de la ville par la RN 19 en direction de Belfort.  A midi, le Commandant  EOM de la VIII Armée les rejoint et leur ordonne de  faire demi-tour et de se mettre à la disposition du Colonel DULUC qui venait d'établir sont PC à Lure.

Ainsi dans l’après midi du dimanche 16 juin la « ligne DULUC » est en place de Lure au sud, à Fougerolles au nord.

Ses forces se composent :

>   du 1er  groupe d’artillerie du 69è R.A.M.F (régiment d'artillerie mixte de forteresse) équipé de canons de 75 [dont les 75 sont en défense contre blindés aux lisières de Lure]

>  du 3/29e Bat. de chars de combat équipé de chars R FT17 [ 8 chars qui ont pour mission de protéger l’artillerie du 1er groupe du 69e RAMF].

>  du 3/16e BCC équipé de chars R35 armés de canons de 37 [qui se regroupent dans un bois proche de la route de Belfort à 2 km à l’est de Lure/ un peu avant la station essence Jacques Henry]

>   du 3e Bat. et le groupe de reconnaissance du 5ème Régiment de chasseurs polonais du lieutenant colonel GLOWACK [qui a prit position à Lure depuis le "Trajet Magrey" jusqu'au cimetière de la ville ]

>   enfin, des éléments des 29e et 68e RIF réchappés de Vesoul

Le même jour, en  début d’après midi, dans la région de Vesoul , les troupes de forteresse qui avaient abandonné les secteurs fortifiés par trains spéciaux se sont retrouvées bloqués dans la nature entre Vaivre et Vesoul.

Sous le feu de l'ennemi, le I/68e RIF et le II/23e RIF sont débarqués en catastrophe. Une grande partie de leur matériel doit être abandonnée faute de quai de débarquement !

Ces deux bataillons vont être engagés pour défendre Vesoul sans reconnaissance préalable... et pour quel résultat...les troupes de forteresse vont être sacrifiés dans un combat de nuit impréparé qui ne put  retarder que de quelques heures la prise de Vesoul...

Au final à peine 300 hommes pourront se dégager de la sourcière de Vesoul et gagner Lure.

Il est environ 3 h 30 du matin dans la nuit du 16 au 17 juin 1940 lorsque le colonel DULUC reçoit à son PC déplacé à Faucogney, (le PC a été déplacé plus au nord) le colonel KOWALCZEWSKI du 5e RC polonais, accompagné du commandant du 3e bataillon, le lieutenant colonel GLOWCKI.

DULUC explique à  KOWALCZEWSKI qu’il va articuler ses forces en deux sous groupements :

- Le premier sous les ordres du lieutenant colonel RETHORE du 79e RIF qui tient Luxeuil et qui retraitera s’il le faut, en direction du col du Mont de Fourche.

- Le second sous groupement sud passera sous les ordres du lieutenant colonel BLANLOEIL qui a quitté Vesoul pour Lure. Son axe de repli éventuel passera par Melisey, le col des Croix et le Thillot.

Les forces de ces sous groupements se composeront des unités de forteresse rescapées qui ont pu sortir de Vesoul, du 1/69e RAMF, du 3/16e BCC, et de la 3/29e BCC du capitaine Le CORRE.

DULUC demande au chef de corps du RC polonais que son 1er bataillon reste à Fougerolles et que le 3ème bataillon et le groupe de reconnaissance défendent les accès sud de Lure.

A Lure, le dispositif de défense se met donc en place :

Le chef d’escadron AJOUX du 1/69e RAMF a placé la 2ème batterie du lieutenant PHILIPPON et la 3ème batterie du lieutenant PLATONOFF au sud de la ville près du pont de l’Ognon, ses tubes braqués dans la direction de Villersexel et de l’Isle sur le Doubs.

La 1ère batterie du lieutenant MENESTRIER est au nord, près du Moulin Notre Dâme, en position plus sensible puisque ses 4 pièces contrôlent à la fois la RN19 et la direction de Vesoul avec le carrefour de la RN 64 qui monte vers Luxeuil. Les artilleurs sont appuyés par des éléments du 23e RIF rescapés de Vesoul.

Les chars R35 du 1/16e BCC sont regroupés dans un bois à la sortie de Roye, route de Belfort (2 km à l’est de Lure un peu avant la station essence Jacques Henry)

2 de ses chars sont en panne et, faute d’avoir reçu les pièces de rechange, seront sabotés et abandonnés sur place quand l’unité fera mouvement sur Saint Germain (par la Cote)

Le 17 juin, la batterie du Lt MENESTRIER est renforcée par un canon de 25mm du GR polonais. Le  lieutenant colonel SWIECIKI est venu la veille examiner le plan de défense des artilleurs et leur a donné l’assurance qu’ils seraient couverts en avant sur la route de Vesoul par des motocyclistes du GR polonais.

Le PC du 29e BCC se tient à la gendarmerie de Lure. Le commandant du groupe d'artillerie a demandé le fractionnement des chars en quatre groupes de deux, placés aux différentes issues de Lure, en protection en avant des canons 75 ; ordre est donné de se camoufler au mieux et de n’ouvrir le feu qu'à la dernière extrémité, sur personnel uniquement.

Les chars du capitaine Le Corre vont prendre position dans l’après midi du 17 juin. Un FT 17 est notamment placé rue de Lorraine,

Char Renault FT 17

tout proche de la maison familiale.

A cette occasion un officier français demanda à mes grands parents de quitter la maison pour éviter tout dommage. Ils partiront à pied, poussant quelques affaires sur une charrette, en direction de Fresse où ils trouveront refuge chez une connaissance qui possédait une petite scierie artisanale.

 

La scierie, maintenant abandonnée La maison ou fut accueillie la famille en juin 1940

Ils rentreront à Lure une fois les combats terminés.

Ce même jour à 12 h 40, depuis Bordeaux où l'exode à conduit le gouvernement, le Maréchal PETAIN prononce une allocution radiodiffusée :

Discours de Pétain, radiodiffusé le 17 juin 1940.

     "Français !

     A l'appel de Monsieur le Président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France.

Sûr de l'affection de notre admirable armée qui lutte, avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires, contre un ennemi supérieur en nombre et en armes. Sûr que par sa magnifique résistance, elle a rempli nos devoirs vis-à-vis de nos alliés.

Sûr de l'appui des Anciens Combattants que j'ai eu la fierté de commander,

sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.

 

     En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C’est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat. Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt a rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'Honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités. Que tous les Français se groupent autour du Gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la Patrie."

C'est dans ce contexte troublant qu'au début de l’après midi, un officier de liaison français du GR polonais vient trouver le colonel DULUC à Faucogney:

  « les polonais manifestent un extrême mécontentement de la demande d’armistice, il se trame quelque chose parmi eux »

Un autre officier de liaison du GR polonais se montre plus précis : « les polonais ont reçu l’ordre d’effectuer le regroupement de leur division à Pont de Roide. Le général de la 2e DI polonaise a en effet reçu de son gouvernement l’ordre de sauver sa division en passant par la Suisse et de lui éviter ainsi la capture»

Malgré tout le Groupe de Reconnaissance du lieutenant colonel  SWIECIKI restera à Lure dans la soirée du 17 juin et ses éléments motorisés jalonneront bien, comme convenu l’avance de la 20e DI motorisée division allemande venant de Vesoul.

Retour à Lure :

A 19 h 20, un agent de liaison polonais vient rendre compte au Lt MENESTRIER, de la 1ère batterie, qu’une colonne motorisée allemande arrive de Vesoul...

Le lieutenant colonel SWIECIKI fait savoir que des éléments du GR précèdent la colonne.  Le Lt MENESTRIER comprends le message : « l’ennemi arrive mais les premiers motocyclistes que vous verrez sont polonais, s’il vous plait pas de méprise, ne les recevez pas à coup de 75 ! »

Une demi heure se passe puis un bruit de moteur, coupé par des coups de feu, se rapproche. Les polonais s’embusquent avec leurs sides-cars derrière des buissons, une grange, un arbre…et lâchent quelques rafales sur la tête de la colonne allemande qui s’arrête aussitôt.

Au même moment les motos et side-cars du GR démarrent en trombe et traversent la position de la 1ère batterie. On ne les reverra plus...

Le lieutenant de tir de la 1/69e RAMF aperçoit maintenant des side-cars verdâtres couverts de poussière, suivis par des voitures surchargées de fantassins : c'est la Wehrmacht !

Tous les artilleurs sont à leur poste. Les allemands avancent avec prudence, sachant qu’ils abordent une ville potentiellement défendue.

Le Lt MENESTRIER commande le feu. Au premier obus la colonne s’immobilise et les fantassins giclent sur les bas cotés. On les voit mettre des mitrailleuses légères en batterie. La pièce de 75 protégée par le char du sous-lieutenant Marchetti fait mouche sur deux automitrailleuses qui flambent sur place, tandis que le char FT17 détruit plusieurs side-cars, mais son percuteur de canon casse. Faute d'une pièce de rechange, l'appareil n'est plus d'aucun secours. Marchetti reçoit alors l'ordre de mettre le feu à son char.

artilleurs français et canon de 75

Les canons de 20mm des automitrailleuses allemandes répondent aux coup des 75 français.  Les mitrailleuses Saint Etienne de défense rapprochée de la batterie cinglent les buissons suspects.

Finalement les allemands renoncent et décrochent, laissant sur le terrain 3 automitrailleuses, un véhicule léger,  2 side-cars et une moto qui sera récupérée intacte dans un fossé !

A 21 h un officier polonais prévient que le GR se replie complètement pour tenter une percée en direction de la Suisse…

Le mardi 18 juin, avant que le jour se lève, les français ont pris quelque repos.

A la 1ère batterie les artilleurs gagnent leurs postes de combat à 3 h 30, c’est à dire à la naissance du jour.

A 4 h 45 des véhicules légers chenillés franchissent la crête au virage de La Brosse et viennent de nouveau tâter la défense française. Les canons de 75 leur infligent de nouvelles pertes et les allemands font de nouveau demi-tour.

En revanche, à 7 h 30 du matin, un violent tir de l’artillerie divisionnaire de 105mm se déclenche sur l’entrée de Lure, jusqu’au cimetière.

Un autre tir est effectué sur la gare et la caserne tandis que les premiers soldats allemands commencent à investir la ville en remontant la voie ferrée...

Sur le trottoir devant la mairie, le maire M. Jeandel assisté de deux conseillers municipaux, le lieutenant des sapeurs pompiers PETIT et le Docteur BOISSON, ceints de leur écharpe républicaine, interpellent les officiers français et leur demandent de ne pas organiser de résistance afin de préserver la ville et sa population.

A la 3/29e BCC du capitaine Le CORRE c’est l’affolement. Le CORRE fait incendier tous ses engins et donne l’ordre à son personnel d’embarquer sur les porte char.

Ici, le char FT 17 incendié rue de Lorraine...

Au nord de Lure, la position de la 1ère batterie du 1/69e RAMF devient difficile à partir de 8 h.

Les fantassins allemands progressent en direction des lisières de Lure. A la 1ère batterie du 1/69e un brigadier téléphoniste transmet l’ordre de repli à 10h 15 mais elle ne pourra pas l’exécuter car dans la prairie qu’elle occupe, des arbres ont été abattus par les tirs d’artillerie qui ont aussi creusé des cratères interdisant l’accès aux tracteurs. Les pièces sont alors sabotées et le personnel prend la route de Melisey.

Les batteries installées au sud de Lure n’ont pas eu à intervenir, elles décrochent à leur tour et rejoignent Melisey en passant par La Cote.

Les derniers combattants du 23e RIF quittent Lure en application de l’ordre reçu après le repli de l’artillerie, point de destination Melisey.

Le 18 juin en fin de matinée l’avant garde de la 20 mot.division du général Von VIKTORIN entre dans la ville de lure.

Les allemands trouvèrent une ville à peu près déserte, les habitants, ou bien avaient fuit, ou bien étaient cachés dans leurs caves.

Arrivés devant l’hôtel de ville, ils rassurèrent la population, ce qui ne les empêchera pas de désigner 10 otages, en cas de sabotage de la part des lurons.

Mais le 18 juin 1940, premier jour d'occupation à Lure, c’est aussi ce jour là qu’un certain général DE GAULLE lance un appel au peuple depuis Londres…

Appel du 18 juin

"Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises ont formé un gouvernement.

Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.

Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous ont fait reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.

Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.

Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.

La guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialisés des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.

Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la radio de Londres".

Londres, 18 juin 1940

Retour à Lure :

Le 19 juin on entendra encore sonner le canon de tous les cotés à la fois. Les lurons assistent, impuissants et résignés, à l’interminable défilé des troupes ennemies qui traversent Lure et se dirigent vers le Thillot, où dit on les français opposent une certaine résistance.

"Des camions, des tanks défilent devant nous : à la vue des défenses anti char installées en ville, les soldats sourient,

 Plots en béton de défense anti-chars

qui ont été déplacés sur les trottoirs pour faire passer les convois allemands...

et pénètrent dans les magasins pour se ravitailler. Ils paient en Marks, 1 Mark = 20 francs !" (Abbé THOMASSEY)

Peut de temps après, le motocycliste allemand tué par les français le 17 juin est enterré sur place par les allemands, près de la villa « Lou Solitaire » faubourg de Vesoul.

                                                                                            Soldats allemands devant la tombe du motocycliste abattu par les français

C’est le début d’un peu plus de quatre années d’occupation (4 ans 2 mois 15 jours exactement)


La mobilisation La drôle de guerre Le printemps maudit La guerre vécue par Georges JUIF L'occupation en zone interdite La Libération !

 

 

                                                                                                         

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