La libération de la ville de Lure le 16 septembre 1944 par la 3ème Division d'Infanterie Américaine a été précédée de furieux

combats endurés par chacun des trois régiments de la division aux abords de Lure, le jour même et les jours précédents.

A partir des historiques des différentes unités de la 3ème DI, j'ai résumé les principaux faits d'armes survenus dans la région

aux alentours du 16 septembre 1944.

 

Puissent ces quelques lignes participer au devoir de mémoire afin de ne pas oublier les sacrifices consentis par ces jeunes

hommes qui ont combattu sur le sol de France bien loin de leur pays d'origine.


Après le débarquement de Provence le 15 août 1944 et la prise de Paris, la situation évolua rapidement et à partir de la fin

août 1944, la nervosité gagnait les derniers occupants qui traversaient Lure, se repliant vers l'Est, vers Belfort.

Le bruit du canon se rapprochait et laissait à la fois espérer et craindre la libération toute proche.

 

Depuis début septembre la ville de Lure connut une animation extraordinaire, constamment traversée par des convois automobiles

allemands faisant retraite sur Belfort et l’Alsace.

 

La circulation était réglée par la feldgendarmerie locale...

 

                                        Deux Feld gendarmes en faction à Lure, 1940

 

A partir du 9 septembre 1944, la route fut livrée aux retardataires retraitant avec des moyens de fortune, vieux camions ou

automobiles, calèches, chariots, vélos et même corbillards…spectacle réjouissant pour les habitants car présage d’une proche

libération.

 

Du coté allié, des éléments des troupes françaises de la 1re DB ont effectué leur jonction avec la 2ème DB de Leclerc à

Chatillon-sur-Seine (Cote d'Or) le 13 septembre 1944.

Mais l'effet de tenaille escompté a été  inopérant et a permis aux troupes ennemies du général Wiese de passer à travers les

mailles du filet et les Allemands ont réussi à établir une solide ligne de défense sur les Vosges et la trouée de Belfort.

 

Les troupes Américaines, après avoir libéré toute la Provence remontent les vallées du Rhône puis de la Saône.

L'objectif fixé à ces troupes composées de trois divisions d'infanterie parmi les plus aguerries est alors de libérer le département

de la Haute Saône.

    La 45ème DI libère Baume-les-Dames, puis Villersexel le 13 septembre.

    La 3ème DI libère Vesoul le 12 septembre et fait route sur Lure.

    La 36ème DI enfin libère Gy, passe à proximité de Vesoul et se dirige vers Luxeuil.

 

Devant la progression des troupes alliés les allemands vont livrer  des combats acharnés, pratiquement dans chacun des villages

situés dans une zone délimitée par Lure, Villersexel, Vesoul et Luxeuil les Bains...

Suivant une méthode éprouvée, les Américains, avant d'avancer et d'occuper le terrain, sondaient la résistance ennemie en

envoyant quelques obus sur les points stratégiques...

 

Voici maintenant une traduction fidèle des journaux de marche des régiments de la 3ème DIUS :

 

    Le 14 septembre 1944, la 3ème DIUS entamait sa campagne des Vosges, avançant en masse contre une forte résistance

ennemie le long de la route nationale 19 dans la direction de Lure...

Opérations du 15ème RI :Insigne métalique du 15th Infantry Regiment

 

Le 15ème Régiment d'Infanterie (RI) se déplaçait le long du flanc gauche de la division en face d’un ennemi déterminé.

Le 1er bataillon du 15ème RI, était rassemblé durant la matinée dans le voisinage de Citers.

La compagnie K (3ème bataillon) attaqua Quers face à une considérable résistance ennemie et vers 17 h 50, occupa la ville.

Le reste du bataillon se déplaça vers Lure depuis le nord ouest.

 

Le 1er bataillon du 15ème RI fit alors mouvement vers Genevreuille.

La compagnie B (Baker), qui avait été relevée durant la nuit par des éléments du 30ème RI, faisait mouvement pour rejoindre le

reste du 1er bataillon afin de participer à l’assaut.

Il y avait toutes raisons de croire que l’ennemi était toujours bien en place, depuis que des patrouilles avaient perçu durant la nuit

les manifestations d’une importante activité dans la ville.

La compagnie B débuta son attaque à 6 h 30 du matin

Les allemands, suivant un usage devenu habituel, ont résisté amèrement durant les premières heures du jour, à l’abri de l’obscurité.

 

Durant le parcours vers Genevreuille, un barrage routier allemand avait ralenti l’avance de deux sections de tête de la compagnie B.

MURPHY qui se trouvait dans la section arrière décida de se porter à l’état major du bataillon pour rapporter la situation.

Sur son chemin, derrière sa section, il s’arrêta pour parler à un groupe d’hommes qui se dirigeaient vers la ligne de front.

Soudainement un tir de barrage au mortier se déclencha à coté de cette position. Un de des obus explosa tout près de MURPHY.

Il a relaté cette expérience effrayante dans son livre « To Hell and Back » :

 

« L’obus de mortier explosa sous mes pieds avant même que j’en sois conscient. J’ai eu juste assez de temps pour penser,

ça y est, avant que le choc ne me rende inconscient. Méthodiquement, j’ai déplacé mes mains sur mes jambes.

Mes membres étaient toujours là mais le talon de ma chaussure droite avait disparu et mes doigts étaient collants avec du sang ».

 

Parmi les cinq hommes avec lesquels MURPHY discutait au moment de l’explosion, deux était morts et trois étaient

sérieusement blessés.

La compagnie B fut la première à entrer à Genevreuille, et peu de temps après midi, le 15 septembre, la ville fut conquise après

avoir essuyé des tirs sporadiques d’armes légères et de mortiers. Le 1er bataillon continua sa poussée vers Amblans qui était déjà

occupé par la compagnie Fox.

Durant le reste de la journée, le 15ème RI, dans sa lente et pénible progression sous un feu croissant d’armes légères,

de mortiers, de mitrailleuses et de canon anti-chars de 20mm, a pris le contrôle des villages bien défendus d’Adelans, d’Amblans

et Velotte.

Au cours de son attaque sur Adelans, le 2ème bataillon du 15ème RI rencontra une résistance considérable alors qu'il était engagé

dans un combat autour de la colline 383.

Le 1er bataillon du 30ème RI envoya une patrouille vers Gouhenans qui du engager un combat acharné contre une quarantaine

d’ennemis dans l’après midi du 15 septembre. D'autres patrouilles rapportèrent que l’ennemi était en force à Gouhenans.

Des barrages étaient établis. L’attaque reprit donc dans la matinée du 16 septembre.

A 6 h 35 la compagnie G (2ème bataillon) progressait en avant et atteignait enfin Gouhenans. La ville tomba avant midi.

 

La retraite de l’ennemi se muait désormais en un combat désespéré  pour maintenir l’accès à la route de Belfort.

 

La manœuvre d’encerclement autour de Lure était maintenant de plus en plus serrée, à mesure que le régiment battait en brèche

le front ennemi à travers une résistance sans cesse accrue depuis des positions bien organisées...

 

 

Les opérations du 7ème RI :Insigne métalique du 7th Infantry Regiment

 

Après avoir mené un combat continu durant la journée du 14 septembre 1944 et pendant la nuit, les 1er et 2ème bataillons

du 7ème RI ont continué leur progression durant la matinée du 15.

 

A 8 h 40, le 2ème bataillon était en contact aux Aynans, le reste de la troupe étant stationné du coté ouest de la rivière l’Ognon,

l’ennemi étant positionné de l’autre coté. Un peu plus tard, le 2ème bataillon sécurisa deux ponts près des Aynans à 13 h 10.

 

Le 1er  bataillon quant à lui, continuait son avance et, à 11 h 50, des éléments avancés de la compagnie B entraient à La Grange  

du Veau sans rencontrer d’opposition. Une fois en place, le 1er bataillon du 7ème RI organisa une position défensive autour de la

ville.

C'est alors qu'un feu ennemi soutenu et harassant tomba sur le village.

A 20 h 15 le bataillon lança une attaque en direction d’une levée de terre à environ 1800 mètres au nord est.

La résistance ennemie était forte à tel point que les allemands ont du être délogés de leurs positions enterrées à la grenade et

à la baïonnette.

La colline fut finalement prise et le reste du bataillon se rassembla là pour la nuit.

 

Le lendemain, à 7 h 15, le 1er bataillon continuait son avance vers l’est depuis la Grange du Veau lorsque le Commandement

Général ordonna au 7ème RI de manœuvrer pour se mettre en position en vue d’une attaque sur Lure.

 

Dans la même journée du 15 septembre, un groupe de reconnaissance motorisé de 10 hommes, issus de la « Battle Patrol »

(patrouille de reconnaissance), avaient observé deux véhicules ennemis qui venaient dans leur direction, à moins de 70 mètres.

Tous les hommes, excepté le soldat de 1ère classe Bruce A. AVEN, un conducteur de jeep, se mirent aussitôt à l’abri dans un

fossé tout proche. Bruce se glissa rapidement à l’arrière de sa jeep pour saisir la mitrailleuse de 50 (12,7 mm) qui y était installée

                                                            Lien vers description du véhicule, en savoir plus sur la Jeep   < peut être la jeep de Bruce ?

et déclencha un tir intense mais suffisamment précis pour détruire ensemble les 2 véhicules ennemis et tuer leurs 6 occupants

sans leur avoir laissé le temps de répliquer !

 

A moins de 200 mètres plus loin, se trouvait un autre véhicule allemand, apparemment armé d’un canon ou d’armes automatiques

anti-aériennes. Sous le choc et la férocité de l’attaque du « private » AVEN, son équipage s’échappa en désordre…

 

Le 3ème bataillon du 7ème RI qui était avant stationné en réserve à Arpenant, se rassembla dans les bois alentours au nord est

et se prépara à l’attaque en envoyant des patrouilles de reconnaissance en direction de Vy les Lure.

 

Vers 13 h 30, le 3ème bataillon déclenchât son attaque avec les compagnies I et L accompagnées de sections de mitrailleuses

détachées de la compagnie M.

La compagnie L progressait sur la gauche, la compagnie K suivant en arrière en couverture.

L’opposition ennemie,(en l'espèce le 1er bataillon du 326ème régiment d'infanterie  de la 98ème DI allemande) était déterminée, appuyée par des tires d’armes automatiques

mais aussi de mortier et d’artillerie.

Les obus allemands explosaient entre les deux compagnies d’assaut (I et L), provoquant des pertes sévères et détruisant

les communication entre elles. Notamment, un groupe de 6 mitrailleuses qui infligea un nombre élevé de pertes dans la compagnie

I, dont son commandant, le 1st Lieutenant Arthur M.DUNN, quelques hommes de son état major et 5 soldats d’une patrouille

d’assaut.

Le 1st Lieutenant  Hugo J. MANDELLI prit alors le commandement de la compagnie. La défense Allemande empêcha ainsi la

manœuvre d’une attaque coordonnée.

 

Cependant cet épisode permit à la compagnie L du 3ème bataillon du 7ème RI d’accomplir une action qui lui valut une citation

à l’ordre de la Présidence des Etats Unis :           

                                                                           

 


 

> Quand les tirs de barrage d’artillerie ennemis ont explosés entre les deux compagnies d’assaut du 3ème bataillon,

le capitaine Ralph J Yates demanda rapidement à la compagnie L de se porter à carrément à gauche de l’axe de progression du

bataillon. Après avoir été masqués du feu ennemis pendant quelques centaines de mètres par une élévation du terrain,

la compagnie pivota sur sa droite et continua son chemin parallèlement à son axe de progression original. En changeant ainsi

de route, le capitaine Yates évita un nombre important de pertes à sa compagnie et par la même occasion déborda l’avant poste

de la ligne de résistance ennemie aux abords de Vy-les-Lure.

Tandis que la compagnie I repoussait la puissante contre attaque ennemie, la compagnie L continuait d’avancer avec ses

deux flancs exposés. Alors que les fantassins traversaient une pâture  vers une route secondaire menant à la ville, les allemands

déclanchèrent sur eux un feu d’artillerie lourde et de mortiers. Les chefs de groupe pratiquèrent rapidement des ouvertures dans

les fils barbelés qui ceinturaient la pâture et la compagnie se glissa aussitôt vers la route, sous les tirs ennemis, et plongea dans

un fossé de drainage qui longeait la route. De là, ils s’avancèrent  à couvert en direction des abords de Vy-les- Lure.

 

A une distance d’une soixantaine de mètres devant et sur la droite de la route quelques unes des premières maisons se

détachaient. De l’autre coté de la route, un peu plus loin, se trouvait un cimetière entouré par un mur de pierre d’environ                                 

1,5 mètre de haut.

                                                              

 

De l’autre coté du cimetière et des premières maisons, la route secondaire effectuait une jonction avec une route plus

large dans la direction nord-sud en faisant un angle oblique. Juste au sud de la jonction entre les deux routes se trouvait une

grosse maison.

La compagnie L commençait à être arrêtée par un feu nourri d’artillerie, de mortiers, de mitrailleuses, de pistolets mitrailleurs et

de fusil. Le capitaine YATES s’empara alors du fusil mitrailleur BAR d’un soldat tué et dirigea le tir depuis une position fixe sur

l’ennemi retranché dans les premières maisons.

Le lieutenant Samuel J SELVOG conduisit des éléments de la 1ère section au pas de course le long d’une haie sur le coté sud

de la route en direction de la première maison. Un GI qui se trouvait dans le fossé de drainage et qui se redressait pour tirer sur

l’ennemi reçu un chapelet de balles en provenance d’une mitrailleuse qui tirait à travers un trou dans le mur du cimetière.

La puissance terrifiante de ce tir direct déchirait presque le bras du pauvre soldat depuis ses épaules.

Le capitaine YATES, suivi par des hommes de son poste de commandement ainsi que quelques autres soldats traversa la route

et sauta dans le fossé attenant au mur du cimetière. A ce moment la compagnie L se trouva engagée dans un combat d’une rare

intensité, rampant sous les feux de mortier et d’artillerie de l’ennemi. Exposé aux tirs des armes ennemies et face à un adversaire

aux forces non dénombrées, le capitaine YATES et quelques autres hommes se portèrent au dessous du mur de pierre faisant

face à la route. Le sergent George A GRANDO, sous le commandement de son chef, rampa en avant sur quelques mètres et

presque à l’angle du mur, lança une grenade à fragmentation par dessus le mur. Des cris de souffrance et l’arrêt immédiat des tirs

d’armes automatiques depuis cet endroit indiquaient que le sergent avait atteint son but. Mais le répit ne fut que temporaire.

Quelques instants plus tard les allemands répliquaient depuis le cimetière à coup de grenades à manche. L’une d’elle tomba à

coté du sergent GRANDO. Le sergent Dean W BARNETTE, sergent chargé des communications, saisi alors la grenade non

encore explosée et la lança en arrière. En se relevant de toute sa hauteur de plus de 1,80 mètre, le capitaine YATES souleva son

FM BAR au dessus de sa tête et tira à l’intérieur du cimetière. Au même moment ses hommes chargeaient sur la première

maison. En quelques bonds un groupe traversa la route et franchit la porte de la maison.

Le 1ère classe Herbert H HIRZEL junior, opérateur radio de la compagnie, reçu une décharge de mitrailleuse depuis des abris

situés plus loin au bord de la route et fut touché à l’aine, aux anches et à l’estomac. Le sergent BARNETTE rampa alors auprès

du soldat HIRZEL et prit possession de la radio qui était encore en état de marche. Alors qu’il commençait à traîner l’opérateur

radio  vers la porte de la maison, le sergent BARNETTE reçut lui même une décharge de balles de pistolet automatique dans

le jambes. Bien qu’il soit blessé à six endroits, il continuait de traîner l’opérateur radio blessé vers le portail de la maison quand

une autre décharge ennemie arrosa littéralement son visage, ses épaules et ses bras. Encore conscient mais complètement

abruti, le sergent quitta le portail et rampa vers une meule de foin qui se trouvait dans la cour. Alors, un autre soldat déposa le

1ère classe HIRZEL à l’intérieur de la maison, tandis que le sergent BARNETTE, sanguinolent, recouvrant ses esprits, courrait vers

la maison plongeait à l’intérieur à travers une fenêtre.

Quelques minutes plus tard, le 2nd lieutenant SELVOG accompagné par environ une douzaine de ses hommes, pénétrait à son

tour dans la maison sous le feu de l’ennemi. Une fouille de la maison découvrit trois allemands qui tentaient de se cacher.

Un fut tué et les deux autres capturés. Rejoint par environ 8 hommes, le 2nd lieutenant SELVOG les conduisit dans un assaut

contre une maison située à une soixantaine de mètres en arrière, près de la route et qui fut trouvée vide.

Sous la couverture de ses hommes aidés du FM BAR, le capitaine YATES traversa la route et entra sain et sauf dans la

première maison où il établit son poste de commandement.

Les allemands, placés au nord de la route secondaire ne tiraient pas systématiquement sur chaque homme qui essayait

d’atteindre l’abri du poste de commandement. Certains soldats purent ainsi entrer dans la maison sans être pris à partie.

Mais la plupart des hommes de la compagnie étaient soumis à des salves terrifiantes. 6 ou 7 furent blessés près ou à l’intérieur

du portail sur lequel les armes de l’ennemi étaient pointées.

Les éléments arrière de la compagnie, particulièrement la section des armes lourdes (mitrailleuses de 50 = 12,7 mm et mortiers)

et la section des mitrailleuses légères (30 = 7,62 mm) de la compagnie M, souffrirent sévèrement des tirs de mortier et d’artillerie

de l’ennemi et aucune ne réussit à atteindre le couvert de la maison. Un tireur de mortier et son pourvoyeur de munitions furent

tous deux et simultanément  touchés  par des éclats d’obus avant qu’ils aient pu se frayer un chemin pour atteindre le poste de

commandement avec rien d’autre que leurs armes individuelles. Un mitrailleur de 50 et son assistant réussirent cependant à

déposer leur arme intacte au poste de commandement mais les pourvoyeurs furent incapables de les y rejoindre.

Aussi, à l’exception de quelques fusils mitrailleurs BAR, aucune autre mitrailleuse ou mortier n’étaient disponibles.

Le soldat Ned FINCH, un fantassin, conduisit de sa propre initiative quatre hommes en avant sous des tirs incessants

d’armes automatiques dans une tentative d’atteindre la maison par l’angle sud ouest du point de jonction des deux routes,

et ainsi de renforcer la manœuvre de la compagnie. Se retrouvant en face d’une clôture de fil de fer, le soldat FINCH plaça 

ses hommes à couvert pour se dissimuler et commença à sectionner les fils de fer malgré les tirs tendus d’une mitrailleuse et

de deux pistolets mitrailleurs placés à environ 500 mètres. Bien que les balles perçaient son paquetage, il accomplit sa tache et

conduisit ses hommes jusqu’à une maison située à 500 mètres en avant des principaux éléments de sa compagnie. Au final,

son fait d’armes infligea 17 pertes à l’ennemi, avec la destruction d’une mitrailleuse et la neutralisation d’une autre.

Il aida ainsi matériellement sa compagnie à tenir ses positions malgré la supériorité des forces ennemies.

Au même moment, le Staff Sergeant Manuel N. ESPARZA avait organisé un groupe d’une demi-douzaine d’hommes dans

le poste de commandement et les avait promptement menés à la maison que le lieutenant SELVOG avait prise peu avant.

Avec son groupe il traversa cette maison et une autre qui lui était reliée par un passage vouté. Alors que le groupe était rassemblé

sous une véranda à l’arrière de la maison, les hommes entendirent deux allemands  appeler pour leur demander de se rendre.

Après recherches, le sergent ESPARAZA trouva l’ennemi dans un fossé sous la maison et tira sur les deux soldats avec sa

carabine M1.

Aussitôt des allemands sortirent rapidement des maisons de tout cotés et engagèrent le combat avec des tirs d’armes légères.

Tous les carreaux de fenêtre dans les deux maisons étaient brisés.

Aux environs de 15 h 30, des troupes ennemis faisant mouvement vers l’arrière du poste de commandement furent découvertes.

En dépit de blessures multiples, le sergent BARNETTE,  armé d’un pistolet colt 45 et quelques hommes, quittèrent le poste de

commandement et prirent position sous un remblai pour engager le combat avec l’ennemi.

Les allemands répliquèrent par un tir intense d’artillerie et de mortier. Le sergent BARNETTE fut blessé pour la dixième ou

onzième fois par un éclat d’obus qu’il reçu dans la tête. Malgré leur écrasante supériorité numérique et en armement,

les allemands ont eu recours à la tricherie. C’est ainsi qu’un groupe de soldats allemands dont l’un d’eux portait une bannière

à la croix rouge sur les épaules, s’approcha des maisons contrôlées par le lieutenant SELVOG et le sergent ESPARAZA et

s’écrièrent « on se rend ». Le sergent Andrew LETNIANCHYN, interprète allemand chef de groupe, appela la force ennemie

à capituler. Dès qu’il eut parlé, les allemands descendirent sur le terrain et ouvrirent le feu au pistolet mitrailleur. Quelques minutes

plus tard, sous un tir de mitrailleuses et de mortier, le groupe ennemi battit en retraite. Les projectiles tirés sur la maison occupée

par le lieutenant SELVOG le forcèrent à déplacer ses hommes dans une autre proche bâtisse. Sous une furieuse et intense

concentration d’artillerie, deux autres maisons furent incendiées. Le lieutenant SELVOG conduisit leurs occupants, sous le feu

de l’ennemi, vers la grosse maison au croissement de la route qui n’était pas encore endommagée. Il essaya de contacter le

poste d’observation avec sa radio SCR 536 mais échoua. Il posta ses hommes aux fenêtres et aux portes et organisa une position

défensive couvrant toutes les issues. Trois hommes placés dans une chambre dans les étages observèrent un canon de 88 mm

à peine à une centaine demètres sur la droite de la route principale et commencèrent à tirer sur les servants de la pièce avec

leurs fusils. Les servants du 88 répliquèrent rapidement et furent rejoints par un autre groupe avec canon de l’autre coté de la route

et a une plus grande portée qui ouvrit le feu sur les deux maisons. Deux salves du canon de 88 le plus proche toucha de plein fouet

la large maison et blessa trois des hommes qui l’occupaient. Le poste de commandement subit le choc des tirs ennemis,

à coups de mortier, d’artillerie et de projectiles anti-chars. Un soldat qui se tenait à l’entrée de la maison fut touché dans le dos

par la secousse d’un obus anti-char qui avait atteint un coté de la maison.

Quelques temps après, les éclats d’acier des projectiles explosaient à proximité du poste de commandement comme une averse

de grêlons. Des tirs directs pilonnèrent  et ébranlèrent la maison jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’une ruine.

Un obus de 170 mm traversa le toit et tomba dans un grenier à foin à moins de 3 mètres d’un soldat américain.

Cet obus n’explosa pas mais six autres démolirent un porche et un hangar à coté, avant de souffler la maison dans un bruit

assourdissant.

Une cabane en bois à coté du poste de commandement dans laquelle le staff sergeant Walther F McCOY, chef de la 3ème section

et deux autres soldats étaient stationnés encaissa de plein fouet un obus qui la souffla et la mit en pièces.

Etourdi par la déflagration, le sergent McCOY conduisit ses hommes à travers le feu des mitrailleuses ennemies qui lui entaillaient

le cou et les épaules, jusqu’au poste de commandement. Perdant son sang avec profusion, il défendit néanmoins le poste de

commandement des attaques sauvages de l’ennemi avec son fusil. Entre les bombardements continuels des groupes de soldats

ennemis essayaient avec persistance de s’infiltrer, par dessus la route, pour prendre d’assaut le poste de commandement.

Le sergent GRANDO et le 1ère classe Virgil WILSON, un fusilier, qui étaient placés près d’une fenêtre en hauteur, tirèrent et

blessèrent au moins une demi-douzaine d’ennemis. Malgré tous leurs efforts, les éléments d’assaut allemands parvinrent à se

glisser dans le fossé de drainage du  bas coté de la route et de là, lancèrent des grenades à main sur la maison.

Les américains se défendirent en lançant des grenades à leur tour. Les soldats postés dans le grenier, à l’arrière de la maison,

aux fenêtres et près des portes étaient continuellement en alerte, tendus, dans l’attente des contre attaques ennemies.

Dans la maison, il n’y avait maintenant plus beaucoup de munitions disponibles et les défenseurs devaient tirer avec économie

et de manière la plus efficace possible.

Contrarié dans ses tentatives d’infiltrer le poste de commandement, l’ennemi essaya de mettre en place des mitrailleuses de

l’autre coté de la route secondaire, à peine à 75 yards du poste de commandement. Le 1ère classe James H GOLDSMITH,

un fusilier de la 1ère section vécu à cette occasion une aventure tragique : posté dans le grenier de la grosse maison au

croisement de la route, il commença à abattre avec son fusil M1, un a un les allemands qui essayaient de mettre leurs mitrailleuses

en batterie. Il neutralisa ainsi deux équipes de servants de pièce, tuant ou blessant grièvement sept soldats ennemis.

Son tir mortel repoussa les tirs de mitrailleuses et d’armes automatiques ennemies dans des positions plus éloignées de la route.

Malgré les coups de feu qui traversaient la fenêtre à laquelle il était posté, le 1ère classe GOLDSMITH demeura là fermement,

jusqu’à ce que plusieurs balles l’atteignent mortellement à l’aine.

Aux environs de 19 h 30, après une intensive préparation d’artillerie, a peu près une centaine de soldats ennemis lancèrent une

contre attaque accompagnée de tirs de nombreuses armes automatiques. Les troupes d’assaut, puissamment armées avec

des pistolets mitrailleurs, concentrèrent le plus fort de leur attaque sur la grosse maison qui était  occupée par le petit groupe

du lieutenant SELVOG.

Quelques éléments ennemis atteignirent le fossé de drainage en courant le long du bas coté de la route secondaire, tandis que

d’autres allemands ouvraient le feu depuis l’arrière d’un mur de ciment placé à une courte distance du PC américain.

L’ennemi positionna aussi une mitrailleuse à l’entrée du cimetière et dirigea un tir direct, par dessus la route, en direction du

poste de commandement. Des grenades à main lancées par les américains, s’abattirent dans le fossé de drainage et sur le mur

de ciment pour empêcher les allemands de développer leur attaque.

Après avoir contrôlé ses positions au rez de chaussée du PC, le capitaine YATES grimpa au grenier et se joignit au combat en

tirant avec un fusil récupéré en chemin. De là, il recevait fréquemment les rapports sur les positions de la part du 1ère classe

James L. RUGGIERO, un pourvoyeur de munitions, qui faisait l’aller et retour  sans crainte depuis la maison pour contrôler

celles ci.

La défense tous azimuts du PC était si solide que l’ennemi se retira après une demi-heure de combat au prix d’une dizaine de

pertes.

Après s’êtres réorganisés, les hommes à l’intérieur du PC procédèrent à la répartition équitable des munitions à raison de deux

clips de 8 cartouches et demi par homme. Lorsque un appel fut lancé pour recenser les grenades personne ne répondit car

il n’y en avait plus.

La compagnie était dispersée, certains de ses éléments avaient perdu contact avec le PC et les nombreux blessés avaient un

besoin impérieux de soins médicaux.

Ses munitions étant presque toutes consommées, le capitaine YATES requit des volontaires en vue de former une patrouille

chargée de rallier le quartier général du bataillon. (A trois reprises le bataillon avait lancé des patrouilles d’assaut pour établir

le contact avec la compagnie L. Malgré des efforts déterminés pour progresser dans ce sens, ces patrouilles ont été arrêtées et

repoussées par le feu de l’ennemi, pareil à des averses de grêle. Il est avéré que la compagnie L a été cernée et réduite)

Le 1ère classe Bennett A. WALKER et deux autres hommes se portèrent volontaires pour contacter le bataillon.

Alors que le 1ère classe WALKER sortait par la porte à l’arrière de la maison, il fut accueilli par des rafales d’armes légères

automatiques qui le firent reculer au portail. Le capitaine lui demanda d’attendre le crépuscule pour ressortir.

A la tombée de la nuit, lui et ses hommes quittèrent le PC et s’élancèrent sous les tirs d’au moins quatre armes automatiques

pour se frayer un chemin à travers un terrain découvert. Dans l’obscurité naissante, la patrouille perdit son chemin vers le bataillon

 mais parvint à atteindre le régiment.

Mais les renforts n’arrivèrent pas. La compagnie I, sur la droite, subissait de nombreuses pertes et combattait pour sa survie.

La compagnie K était engagée dans un large mouvement tournant qui la conduisit très tôt le matin suivant vers une élévation de

terrain à l’ouest de Vy-les-Lure.

Le sergent ESPERAZA observa un petit groupe d’américains qui descendaient de la route secondaire. Il les appela pour les faire

aller vers le PC. Les soldats l’entendirent mais ils lui firent signe de s’en aller derrière la fenêtre ouverte du PC ou il se tenait debout.

Il remarqua alors qu’ils étaient tête nue, qu’il y avait des ennemis blessés qui marchaient avec eux et que plusieurs allemands

armés d’armes automatiques s’avançaient en arrière du groupe. Personne dans le PC n’osa tirer sur les allemands dans la crainte

 de représailles sur les prisonniers.

Ce groupe était aussi observé par le sergent Andrew LETNIANCHYN depuis l’autre maison. Bien que complètement démuni en

munitions, il quitta la maison pour porter secours aux prisonniers. Dès qu’il eu fait le tour de la maison un important groupe

d’allemands lui sauta dessus et le fit prisonnier.

Aux alentours de 21 h 00, l’ennemi déclancha encore de sévères concentrations d’artillerie et de mortiers sur les deux maisons

tenues par la compagnie L, les ébranlant toutes deux sur leurs fondations. Deux prisonniers allemands dans le PC demandèrent

à leurs geôliers de se rendre en déclarant que tous seraient tués. Mais les hommes de la compagnie L n’avaient pas l’intention de

se rendre ni d’abandonner leurs positions désespérées. Quelques minutes plus tard, l’ennemi lança une autre attaque.

Il faisait complètement noir. A courte distance les silhouettes des allemands qui s’avançaient pouvaient être distinguées mais

c’était à la limite de visibilité. A ce moment une partie des forces ennemies attaqua frontalement alors qu’une autre partie se

glissait sur la droite du poste de commandement, par dessus la route, et dans le terrain dégagé situé à l’arrière du PC.

Dans l’obscurité, l’importance de la force ennemie ne pouvait pas être déterminée. D’après le volume des tirs, elle devait être au

moins aussi forte que lors des précédentes attaques. Les rafales crépitaient dans les deux maisons en provenance de toutes les

directions. Les balles traçantes rayaient et déchiraient la nuit. Des grenades à fusil et des roquettes anti-char pénétrèrent dans

les maisons occupées par le PC et le groupe du lieutenant SELVOG.

Dans ces maisons les éléments mélangés de la compagnie combattaient désespérément, sachant qu’il serait quasiment

impossible de résister contre une attaque d’envergure. Les fusiliers et les mitrailleurs, les tireurs et les servants de pièces de

mortier et les blessés, se battaient avec leurs fusils M1, leurs carabines et leurs pistolets, tirant avec précaution et de manière

ordonnée pour ne gaspiller le moindre projectile.

Les réserves de munitions des forces du lieutenant SELVOG n’étaient pas plus importantes que celles du groupe à l’intérieur du

poste de commandement. Les hommes étaient consignés à conserver leurs munitions pour chaque occasion de tir.

L’aile droite de la contre attaque ennemie pris le dessus sur les éléments éparpillés de la compagnie qui étaient en position

couchée dans les fossés le long de la route secondaire et dans les prés découverts de l’autre coté. Un certain nombre d’hommes

dont quelques uns étaient blessés furent faits prisonniers, malgré les tentatives désespérées de leurs camarades pour repousser l

es allemands. L’impact de l’encerclement ennemi était trop fort pour ces petits groupes d’hommes qui avaient déjà été soumis aux

tirs d’artillerie : 88 mm, mortiers, grenades et à ceux d’armes légères pendant plus de sept heures, dans des positions à découvert

et sans soutien adéquat. Encore une fois l’ennemi atteignit le fossé de drainage du bas coté de la route secondaire mais il ne put

avancer plus avant.. Les défenseurs repoussèrent les allemands grâce a des tirs bien ajustés. Après environ dix minutes de

combat de forte intensité, l’ennemi commença à se retirer.

Approximativement une demi-heure plus tard, l’ennemi rassembla ses forces pour une dernière attaque désespérée et bondirent

en avant pour dévaster et réduire au silence le reste de la compagnie L.

Mais, alors que les forces fanatiques allemandes s’avançaient, des salves d’artillerie amies, l’une après l’autre, pilonnèrent le

secteur. Les obus explosaient à moins de trois mètres  du PC, leur impact faisant trembler le sol. Les éléments d’assaut allemands

avaient presque atteint leurs objectifs quand ils ont été mis en pièces par cette foudroyante concentration d’artillerie.

Treize allemands, chacun d’entre eux portant des grenades à main, furent retrouvés morts après que les tirs d’artillerie cessèrent.

Certains de ces allemands étaient à moins de six mètres du PC.

A peu près quatre heures plus tard, à 01 h 50, une patrouille de la compagnie K et la « Battle Patrol » du 7ème RI enfoncèrent

les lignes ennemies et atteignirent le PC de la compagnie cernée.

Bien que beaucoup d’hommes avaient été complètement démunis en munitions et que les autres ne disposaient que d’un clip de

fusil chacun, la compagnie L avait réussi, avec acharnement, à prendre le contrôle de Vy-les-Lure qui fut enlevée a un prix élevé

en termes de sang versé.

illustration du sergent ESPERAZA

Ces hommes de la compagnie, braves et fatigués, restèrent encore en alerte toute la nuit, baïonnette au canon, prêts à parer une

autre contre attaque que les ennemis défaits étaient trop faibles pour entreprendre.

D’un bout à l’autre de la nuit, les membres de la compagnie ainsi que la section de mitrailleuses qui lui était rattachée et qui n’avait

pas pu rejoindre le poste de commandement dans la journée, se regroupaient, individuellement ou par petits groupes.

Tous les efforts avaient été faits durant la nuit pour maintenir en vie les blessés. Toutes les boites de pansements individuels avaient

été utilisées pour étancher les saignements d’une douzaine d’hommes et chaque goutte d’eau disponible leur avait été donnée.

Des hommes se risquèrent dehors, pleinement conscients du danger pour déposer des couvertures sur les blessés.

Mais ces premiers soins ne furent pas suffisants. Quatre hommes sont décédés pendant cette longue nuit.

Peu de temps après l’aurore, une patrouille envoyée par le capitaine YATES rapporta que l’ennemi s’était complètement

retiré de Vy-les-Lure.

  

<Le village de Vy les Lure (60 ans après)

 

                             

La compagnie L avait ainsi résisté pendant sept heures aux attaques déterminées et répétées d’un ennemi fanatisé et bien armé

avec un rapport de force de l’ordre de 3 pour 1. Avec 18 morts, 2 prisonniers et environ 70 allemands blessés, les hommes de la

compagnie L repoussèrent et mirent l’ennemi en déroute en le délogeant de ses positions qu’il était déterminé à garder à tout prix.

La compagnie avait engagé dans le combat 4 officiers et 121 soldats plus 29 autres de la compagnie M, sous la conduite du

Technical Sergeant Edward P. WALSH. Les pertes s’élevaient à 7 morts, 16 portés disparus et 14 blessés.

Pour son éminente performance à Vy-les-Lure, la compagnie L reçut la « Distinguished Unit Citation » de la part

du Président des Etats Unis.

Cérémonie à Salzburg, le 14 mai 1945

A proximité, le secteur autour de  Vy-les-Lure était fortement miné et de nombreux barrages routiers consistant en des troncs

d’arbres couchés sur les routes étaient piégés (grenades/mines).On dénombra ainsi 45 mines déposées par l’ennemi qui ont mis

hors d’état un char et une jeep, blessant deux personnes avant qu'une section de déminage anti-char dégage ces obstacles.

 

Le 3ème bataillon, réorganisé à 1 h 50 le 16 septembre 1944, accompagné du reste de ses forces en arrière, pénétra et prit

le contrôle de Vy-les-Lure à 9 h 00.

Après que le 3ème bataillon soit passé au complet dans Vy-les-Lure, il fit mouvement vers le nord est en direction

de Vouhenans.


 

La libération de Lure :

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Voir les photos de la libération de Lure dans la galerie

Risquant d’être encerclés, les allemands se replièrent sur La Côte dans la soirée du 15 septembre et, à minuit, l’arrière garde

fit sauter le pont de l’Ognon derrière elle .

Le Pont de l'Ognon

 

Dans la matinée du 16 septembre 1944, le 1er bataillon du 15th Infantry Regiment progressait à travers Velotte sous Amblans,

envoyant des patrouilles vers Bouhans les Lure sans rencontrer de contact et, à midi pénétrait dans Lure par le nord ouest (arrivant par le carrefour Notre Dame

en provenance de Quers et Dambenoit-les-Colombes),

       

                                                        

      Entrée nord ouest de Lure, sur la RN 19.   A droite l'Auberge Comtoise  

                                                                                                                               Photo US d'époque

 

suivi peu de temps après par le 1er bataillon du 7ème RI qui entra dans la

ville par la rue Saint Quentin, après avoir libéré Magny Vernois depuis Magny Vernois.

                          

La prise de contrôle de Lure ne rencontra pas d’opposition, tout au moins de la part de l’infanterie ennemie.

En revanche des tirs d’artillerie et de mortier sont tombés sur la ville tout au long de la journée depuis des positions localisées

au nord de l’agglomération. (au Tertre)

 

Le 1ère classe Coker N.Price qui faisait partie de la compagnie B depuis Naples garde en mémoire ce cauchemar :

« Ils ont commencé à nous balancer des obus de mortier. Alors nous avons tous cherché abri auprès d’un pâté de maisons.

Un obus, je crois que c’était un de 60 mm, tomba entre les constructions et moi, tuant un soldat et blessant huit d’entre nous.

J’étais environ à dix pieds de la maison quand l’obus explosa. Les allemands avaient vraiment leurs mortiers pointés directement

sur nous. Je pense qu’avoir échappé à ce tir m’a sauvé la vie. J’étais simplement choqué et immobilisé un instant »

 

La jonction des deux groupes se fit à hauteur du carrefour de l'hôpital. Aussi, établirent-ils leurs premières lignes

au pont de l'Ognon et à la route de la Saline.

Tout à leur joie, les habitants de l'est de la ville essuient malheureusement peu après des tirs de l'artillerie allemande et

déplorent cinq tués.

 

Le 7ème RI s’était vu assigné la partie de ville au sud de la ligne de chemin de fer alors que le 15ème RI, sur la gauche, était en

charge de la moitié nord. Les compagnies A et C attaquèrent un carrefour à l’est où elles rencontrèrent de la résistance.

Le 7ème RI occupa Lure et ses alentours au sud et à l’est et passa les trois jours suivants (17,18 et 19 septembre) à patrouiller et

à établir des barrages routiers dans cette zone attendant la relève par les troupes françaises.

 

Le 1er bataillon du 15th IR venait tout juste de quitter Lure en direction de Franchevelle quand le 2ème bataillon fut directement

touché, d’abord par un tir d’artillerie incluant tirs de canons antiaérien (Flak), de mortier et d’artillerie lourde , puis par celui de cinq

mitrailleuses en provenance d’un point de résistance établit dans une zone boisée au nord est de la ville (bois du Tertre et du Mortard).

Les grenades à main bondissaient d’arbre en arbre et le fracas des explosions enveloppait les deux forces qui se rencontraient

dans ce cadre inquiétant, dans l’obscurité naissante de la nuit...

Les hommes du Major John O’Connell n’avaient jamais combattu avec autant de hargne un aussi féroce ennemi, un a un,

en combats individuels.

Mais comme lors de la bataille de la veille, l’ennemi fut défait d’une manière décisive et les allemands ont finalement battu en

retraite au bout d’une heure et le bataillon progressa vers Saint Germain qui fut atteint juste avant minuit.

                               < prisonniers allemands

Le 30ème RI avança généralement dans la même direction que le 15ème RI mais son parcours fut ralenti par un nombre

sans cesse croissant de mines placées sur les routes.

 

Le 17 septembre à 2 h 40, la compagnie A se plaça à l’extrémité nord de Lure et, après le passage du 15ème RI commença à

établir une position défensive. Les compagnies B et C en firent de même.

Le 1er bataillon envoya la compagnie C au delà du carrefour à l’est de Lure, au point de jonction des routes 15 et 06.

Le carrefour fut occupé à 6 h 00 le 18 septembre tandis que la « battle patrol » du 7ème RI traversait la ville de Roye,

débarrassée de l’ennemi. Le 1er bataillon du 15ème RI, atteignait  Froideterre et Lemont  sans rencontrer d’opposition.

 

Le second bataillon fit mouvement vers Vy-les-Lure, choisie comme zone de rassemblement.

 

Le 3ème bataillon demeura aux abords de Vouhenans pendant la journée du 18 septembre et envoya des patrouilles jusqu’à Moffans.

A la fin de la journée, le 1er bataillon était quant à lui rassemblé dans le voisinage de Magny Vernois.

 

Le jour suivant, le 1er bataillon attaqua et prit le contrôle des villages de Linexert et Lantenot à midi, après avoir repoussé

une puissante contre attaque ennemie à proximité de Lantenot.

 

Avec la capture de Lure prenait fin une rude bataille comme  la 3ème division d’infanterie US n’en avait pas connu depuis un certain

temps. Le fait que toute une série d’attaques coordonnées, sur un large front, aient été requises pour repousser les allemands

indiquait que ceux ci durcissaient leur défense. ….

Belfort se tenait maintenant à seulement 20 kilomètres à l’est.

Dans le livre "The Record, a brief history of the US 15th Infantry from 1813 to 1945", cette période de septembre 1944

est résumée comme suit : "De Besançon à Vesoul et durant tout son cheminement vers Lure, à peine à 20 km à l'ouest de Belfort, le régiment

a vécu une progression parmi les plus sauvages qu'il ait eu à mener durant toute la campagne de France.

Puis, lorsque la 1ère Armée française pris le relais pour conquérir la trouée de Belfort, le 15th prit la direction du nord pour

se lancer à l'attaque au coeur des Vosges"

CARTE DES OPERATIONS autour de Lure

A ce moment, la zone droite de la 3ème division fut prise en charge par la 1ère Division Blindée française

                                                                                                                                                   insigne de la 1ère DB

et la 3ème DIUS vira au nord, presque à angle droit, dans la direction de Faucogney qui fut conquise le 19 septembre

                               

                                                                                                                                                                                          < colonne du 7th régiment traversant Faucogney


Bibliographie :

Ces récits ont été traduits des livres suivants :

History of the Third Infantry Division in World War Two

From Fedala to Berchestgaden

Dog Face Soldiers, a history of the B company, 15th Infantry, 3rd Infantry Division

Alien Américan, a ww2 story that as never been told

 

accompagnés des témoignages de M. ANTOINE et GIRARDOT


       

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